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Le maire (LR) de Chalon veut imposer l'usage du français sur les chantiers

Le maire de Chalon veut faire parler français tous les ouvriers qui travaille sur les chantiers de sa ville.

Le maire de Chalon veut faire parler français tous les ouvriers qui travaille sur les chantiers de sa ville. - Jean-Pahilippe Ksiazek - AFP

Le maire de Chalon-sur-Saône veut imposer aux ouvriers de sa ville de parler le français. Il entend ainsi lutter contre la pratique des travailleurs détachés, venus de l'étranger.

Gilles Platret aime les mesures symboliques. Après avoir mis fin aux menus de substitution dans les cantines de sa ville, le maire LR de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) veut imposer l'usage de la langue française sur les chantiers de sa ville. Une question de sécurité selon l'édile. 

Le protectionnisme d'abord

Dans son communiqué, Gilles Platret explique que c'est le débat sur la Loi Travail qui a inspiré son idée de réforme. Et la première motivation de cette nouvelle règle est selon lui de protéger les entreprises de sa ville. 

"Outre le fait que cette situation (les ouvriers ne parlant pas tous français), source de concurrence déloyale pour les entreprises de notre bassin de vie, nuit gravement à l'emploi local, elle comporte, en outre, en termes de sécurité des risques qui ne sont pas à prendre à la légère" estime le maire.

Gilles Platret s'attaque aux travailleurs détachés, ces employés venus d'autres pays de l'UE mais dont le salaire, payé par l'entreprise française, est soumis aux cotisations salariales du pays d'origine. Un pari gagnant pour l'entreprise qui les reçoit, puisque s'ils bénéficient du même salaire qu'un ouvrier français, leurs cotisations sociales sont en revanche bien moins élevées. Pour renforcer son argument, Gilles Platret en invoque un autre: celui de la sécurité. 

La sécurité ensuite

Pour imposer la langue française sur les chantiers de Chalon, Gilles Platret invoque la sécurité des ouvriers. Selon lui, "les consignes de sécurité ne sont pas forcément comprises par les ouvriers, et en cas de situation d'urgence sur le chantier, les difficultés de communications accentuent le risque d'accident". 

Pour faire appliquer cette mesure, le maire de Chalon compte intégrer cette obligation dans le cahier des charges des marchés publics et obliger, en cas de manquement, les entreprises à payer les services d'un traducteur pour travailler auprès des ouvriers non-francophones sur les chantiers. 

P.A.