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Le maire de Saint-Etienne accuse le gouvernement d'avoir "préféré protéger Paris et Lyon"

Après des affrontements dans sa ville ce samedi, le maire de Saint-Etienne a dénoncé sur notre antenne une répartition inégale des forces de l'ordre dans les différentes villes de France. Il a estimé que le gouvernement avait privilégié la protection de Paris et de Lyon notamment.

À l’instar de plusieurs rassemblements dans différentes villes de France, des débordements ont eu lieu à Saint-Etienne samedi, en marge de la mobilisation des gilets jaunes. Des magasins ont été pillés et les forces de l'ordre ont affronté environ 200 casseurs. Sur BFMTV, le maire de la ville Gaël Perdriau (LR), a évoqué une "journée catastrophique", dénonçant le peu de forces de l’ordre disponibles, alors que des troubles ont régulièrement lieu à Saint-Etienne depuis le début de la mobilisation des gilets jaunes.

"La manifestation avait plutôt bien commencé. Pour autant on n’a pu repérer facilement des éléments indésirables. Pourquoi les a-t-on laissé défiler alors qu’ils étaient cagoulés et qu’on connaissait leurs intentions", s’est-il interrogé sur notre antenne, estimant qu’il n’y avait pas suffisamment de forces de maintien de l’ordre mobilisées dans sa ville.

"Assurer la sécurité des personnes et des biens partout sans exception et sans préférence"

"Le gouvernement et le ministère de l’Intérieur ont fait le choix de protéger Paris et certaines autres villes comme Lyon. D’autres villes comme Saint-Etienne, ont fait avec ce que le ministre de l’Intérieur a bien voulu leur laisser. Or, je considère que le devoir de l’Etat c’est d’assurer la sécurité des personnes et des biens partout sans exception et sans préférence", a-t-il assuré.

Gaël Perdriau a affirmé que des dégâts considérables étaient à déplorer dans toute la ville, mais qu’aucun blessé n’avait été signalé jusqu'alors: "La ville a beaucoup souffert. Les habitants sont choqués", a expliqué l’élu avant de s’en prendre au mutisme du président de la République.

Vingt interpellations

"Je déplore l’attitude du président de la République qui par son silence alimente toutes les rancœurs. Ce silence devient du mépris pour la nation. Il a une responsabilité directe dans ce qui est en train de se passer. Il ne peut pas rester enfermé à l’Elysée et se taire face à ce déferlement de violences qui envahit le pays (…) Nous avons un gouvernement qui est totalement à la dérive et un président de la République qui ne prend pas la mesure de ce qui est en train de se passer. Les véritables responsables de cet échec, c’est le Président de la République et le ministre de l’Intérieur", a-t-il martelé sur le plateau de BFMTV.

Environ 200 personnes ont affronté les forces de l'ordre ce samedi, après avoir été empêchées d'accéder à la préfecture de la Loire située en plein centre-ville de Saint-Etienne. Une vingtaine d'individus ont été interpellés, tandis qu'une voiture de police a été renversée et incendiée à proximité de la mairie.

G.D.