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Le clan Hollande craint la mobilisation de gauche... à la primaire de droite

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Ennemie commune de Nicolas Sarkozy et François Hollande, la mobilisation d'électeurs de gauche à la primaire de droite inquiète. Le gouvernement monte au créneau pour empêcher que la gauche ne fasse gagner Juppé.

Les proches du président le savent: Nicolas Sarkozy est la meilleure chance de François Hollande. En multipliant les attaques contre l'ancien chef d'Etat, les hollandistes espèrent, par ricochet, mobiliser son électorat à la primaire et ainsi le faire monter dans les sondages, puis dans les urnes. Mais ils font aujourd'hui face à un problème: de nombreux électeurs de gauche souhaitent voter à la primaire de la droite pour élire Alain Juppé et définitivement écarter Nicolas Sarkozy. Au risque de signer ainsi la défaite de François Hollande qui aura plus de mal à se différencier d'un candidat plus au centre de l'échiquier politique. 

Le gouvernement monte au créneau

La première charge est venue de Manuel Valls en personne. Le Premier ministre, interrogé sur l'opportunité pour un électeur de gauche d'aller voter à la primaire de la droite s'y est montré franchement opposé: 

"Il faut non seulement adhérer aux valeurs de la droite et du centre, et quand j'entends Nicolas Sarkozy, j'ai parfois un problème avec ce qu'il défend comme valeurs", a estimé le pensionnaire de Matignon. (...) "Mobilisez-vous, votez à la présidentielle pour la gauche de gouvernement qui incarne la République ferme et bienveillante" a lancé Manuel Valls sur RTL. 

Jean-Marie Le Guen voit dans cette potentielle mobilisation de la gauche "une vision dévoyée de la démocratie". De son côté, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale, a jugé "malsain" de vouloir voter à la primaire du camp adverse, appelant à "plutôt s'occuper de la notre"

"A un électeur de gauche qui s'interrogerait, je lui répondrais de ne surtout pas y aller, ce serait totalement malsain que de s'occuper d'une primaire Les Républicains basée sur les valeurs de la droite."

La hantise de Sarkozy 

François Hollande n'est pas le seul à redouter une poussée de gauche à la primaire de la droite et du centre. Nicolas Sarkozy le sait: si ces électeurs se mobilisent, ce sera pour faire gagner Alain Juppé, le seul qui le devance dans les sondages à quelques semaines du premier tour. En meeting en Alsace lundi, l'ancien président s'est violemment emporté contre ceux de son camp qui laissent la porte ouverte à une telle "aide" extérieure: 

"Quand on appelle des électeurs de gauche à venir voter, à signer, parjure, un papier dans lequel ils s'engageraient à partager les valeurs de la droite et du centre, alors qu'en vérité ils n'en partagent aucune: je ne veux pas de cette primaire-la! Parce que ça serait la primaire de la déloyauté et du mensonge" a tancé Nicolas Sarkozy.
Paul Aveline