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La réforme de tous les dangers pour Sarkozy

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A quatre jours du Congrès de Versailles, le vote sur la réforme des institutions est toujours incertain et devrait se jouer à 4 voix près.

Le bras de fer entre le PS et la majorité se poursuit en ce qui concerne la réforme des institutions, dont le vote devrait se jouer « à quatre voix près » selon Jean-François Copé, président du Groupe UMP à l'Assemblée. Le texte final a été adopté cette nuit par le Sénat en deuxième lecture et le Congrès de Versailles se tiendra lundi 21 juillet. Lors de ce Congrès, pour que la réforme soit adoptée, il faut que 3/5èmes des députés et sénateurs votent pour.

Cette majorité qualifiée n'étant pas acquise, Nicolas Sarkozy a voulu reprendre la main : dans un article du Monde daté d'aujourd'hui, le chef de l'Etat a fait un geste envers les socialistes et un geste envers les petites formations : il propose une prise en compte du temps de parole présidentielle face à l'opposition, en clin d'oeil au PS, et il propose que les groupes parlementaires puissent être créés à partir de 15 parlementaires au lieu de 20, clin d'oeil au Parti Radical de Gauche notamment.

Ces propositions ont eu un effet mitigé : si le président des Radicaux de Gauche Jean-Michel Baylet a annoncé qu'il voterait pour le projet de réforme des institutions, le PS, par la voix de François Hollande son premier secrétaire, a fait savoir qu'il maintenait son vote contre. De plus, Nicolas Sarkozy et François Fillon doivent faire face à quelques réticences dans le camp UMP.

A 4 jours du Congrès de Versailles, les forces en présence sont les suivantes :

- Dans le camps du OUI : il y a l'immense majorité des députés et sénateurs UMP. Seuls une dizaine devraient voter contre ou s'abstenir, c'est le cas des villepinistes notamment. On trouve également, selon nos informations, au moins 13 deputés et sénateurs radicaux, suivant le mot d'ordre de Jean-Michel Baylet.

- Dans le camps des NON : il y a les socialistes (sauf Jack Lang), les verts, les communistes, les députés Modem et des radicaux de gauche, telle Christiane Taubira, qui dénonce un « marchandage politique », ou encore les parlementaires du MPF de Philippe De Villiers.

Dans un communiqué commun, les leaders du PS, des Verts et du PCF ont expliqué qu'ils reprochaient au texte « d'accentuer la présidentialisation » du régime et ont regretté qu'« aucune disposition ne vienne renforcer les pouvoirs du Parlement ». François Hollande reproche à la réforme de n'avoir « qu'un seul objectif », donner au président de la République la « possibilité de s'exprimer devant le Parlement ».

Le suspens est donc entier jusqu'au Congrès de Versailles lundi prochain. Un vote contre la réforme des institutions constituerait un échec retentissant pour Nicolas Sarkozy et François Fillon, mais l'UMP ne manquerait pas de dénoncer l'opposition politique systématique du PS à une réforme qui veut moderniser la Constitution. Rendez-vous lundi pour un vote qui s'annonce serré.

La rédaction et Stéphanie Collié