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La réaction de Mélenchon provoque des remous parmi les militants de la France insoumise 

Des militants de la France insoumise en 2017

Des militants de la France insoumise en 2017 - Eric CABANIS / AFP

Ce jeudi, après deux jours d'une polémique née des perquisitions au siège de la France insoumise et de la réaction de Jean-Luc Mélenchon, les militants font bloc mais quelques voix discordantes se font entendre.

La scène se déroule mardi alors que Jean-Luc Mélenchon et quelques cadres de la France insoumise tambourinent à la porte d'un local, celui de leur mouvement, auquel la police leur refuse l'accès. Une députée insoumise, Muriel Ressiguier, désapprouvant l'idée lancée par son leader de l'"enfoncer", juge: "C'est des méthodes de voyou!" La réponse de Jean-Luc Mélenchon ne tarde pas: "On ne t'a pas demandé ton avis". Après que la parlementaire élue dans l'Hérault a réitéré son opposition, il reprend: "Si c'est pour faire ça, c'est pas la peine". 

Si sur le fond, les élus de la France insoumise étaient à l'unisson lors de ces perquisitions, il apparaît donc que les moyens employés ont suscité quelques dissonances au sommet. Les réactions et déclarations de Jean-Luc Mélenchon face aux policiers et aux magistrats risquent-elles de susciter également une fracture entre les militants? 

"Il a raison d'être en colère" 

Non, ont répondu dans leur grande majorité les militants des Bouches-du-Rhône, fief de Jean-Luc Mélenchon, interrogés par notre antenne. "Je ne le trouve pas du tout excessif. Ce que je trouve excessif, ce sont les forces déployées pour les perquisitions", a estimé Sylvie Pillé, qui appartient au mouvement. Magalie Giovalini, non seulement militante mais également élue à Aubagne, a quant à elle déclaré: "J’espère que la justice est indépendante. Il y a en ce moment quelques doutes sur son indépendance vis-à-vis de Monsieur Macron". Une autre Insoumise, Estelle Barral, a estimé: "Il a raison d’être en colère étant donné le caractère politique de la perquisition". 

Clémentine Langlois cependant, co-fondatrice du collectif "Insoumis démocrates", qui revendique plus de démocratie interne dans le dispositif, a affirmé:

"C’est une blessure, c’est inacceptable en tant que représentant d’un mouvement politique d’avoir ce genre d’attitude. Il y a une honte, une tristesse profonde au sein des groupes d’Insoumis aujourd’hui."

Une séquence délicate pour le leadership à gauche 

Le député de la France insoumise élu dans le Nord, Adrien Quatennens, a réagi après avoir été questionné à ce propos sur notre chaîne:

"D’après le reportage que j’ai vu, certains militants de la France insoumise qui sont troublés sont en fait souvent des fauteurs de troubles au sein de la France insoumise. Vous interrogez une personne qui est membre d’un collectif qui contrevenait à la charte politique validée par les Insoumis, ils ont d’ailleurs été exclus du mouvement. Donc je comprends qu’ils se saisissent de l’occasion pour faire mousser tout ça." 

L'hypothèse d'une division de la France insoumise après cette séquence délicate pour Jean-Luc Mélenchon demeure très incertaine. Son électorat pourrait "au contraire se réjouir de ses coups de gueule parce qu'il base sa stratégie de communication sur une forme de populisme de gauche", a analysé l'historien, auteur de plusieurs ouvrages sur la gauche, Christophe Bourseiller, auprès de l'AFP. De son côté, les Insoumis revendiquent un boom des adhésions depuis mardi. 

En revanche, l'affaire peut s'avérer malcommode à l'heure où la France insoumise veut s'assurer une position centrale dans cette partie de l'échiquier politique, comme le montre le rapprochement du député européen Emmanuel Maurel et de la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, tous deux quittant le PS. 

Robin Verner