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 A la sortie de son audition par la police, Mélenchon dénonce "une manoeuvre politique"

Jean-Luc Mélenchon après ses 5 heures d'audition.

Jean-Luc Mélenchon après ses 5 heures d'audition. - BFMTV

Le leader de la France insoumise a été entendu durant plus de cinq heures par la police. Il en est sorti en dénonçant "une opération de police politique".

Après plus de cinq heures d'audition par l'Office central de lutte contre la corruption à Nanterre, Jean-Luc Mélenchon clame une nouvelle fois n'avoir "rien à [s]e reprocher". "Tout cela ne repose que sur les accusations de deux personnes", s'exclame-t-il, dénonçant "une manoeuvre politique". 

"Il aura suffi de ces deux personnages [l'eurodéputée ex-RN Sophie Montel et un ancien membre de la commission des comptes de campagne] pour faire perdre leur temps à 100 policiers", déplore encore le leader de la France insoumise. "Tout cela était disproportionné". Il était entendu dans le cadre de deux enquêtes préliminaires, l'une sur les comptes de campagne de LFI lors de la présidentielle de 2017 et l'autre sur les assistants parlementaires LFI au Parlement européen. 

"C'est un traquenard"

Jean-Luc Mélenchon a répondu aux questions portant sur les deux enquêtes: "sur les assistants parlementaires, toutes les questions sont basées sur les accusations de Sophie Montel [eurodéputée ex-FN]. J'ai déjà répondu à l'administration du Parlement européen par écrit, en janvier 2018, et plus personne ne m'a dit quoi que ce soit, je considérais que c'était terminé".

Pour justifier sa bonne foi, il rappelle également qu'au moment de la campagne, "on a consulté l'administration du Parlement européen pour savoir au cas par cas ce qu'on devait donner comme travail aux assistants parlementaires". Quant aux comptes de campagne, "c'est pareil, j'ai déjà tout dit sur ces comptes qui ont été validés", martèle Jean-Luc Mélenchon. 

"C'est un traquenard, une opération de police politique. Je sais que c'est l'habitude du pouvoir de se décharger sur les fonctionnaires des ordres qu'ils donnent", poursuit l'ancien candidat à la présidentielle.

Mélenchon souligne sa coopération avec la police

"Les policiers et les fonctionnaires de la justice obéissent, ce ne sont pas eux qui sont en cause", assure-t-il, après avoir été accusé par Edouard Philippe notamment de "violences" envers la police. Il explique: "j'aurais pu ne pas venir aujourd'hui. Tout citoyen peut ne pas répondre, ou j'aurais pu venir et me taire ou même faire jouer mon immunité parlementaire. Je n'ai rien fait de tout cela. Je ne fais pas obstruction aux démarches judiciaires mais je demande une désescalade de la justice (...) Tout cela est ridicule: monsieur Macron, il est temps de rembobiner". L'eurodéputé confie avoir "très mal vécu" la vague de perquisitions menées chez lui et certains de ses collaborateurs. 

A. K.