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"Ni dépressif, ni malheureux": les proches d'Edouard Philippe racontent sa nouvelle vie

Edouard Philippe lors de la passation des pouvoirs le 3 juillet 2020 avec Jean Castex

Edouard Philippe lors de la passation des pouvoirs le 3 juillet 2020 avec Jean Castex - Ludovic Marin © 2019 AFP

Après une parenthèse de trois ans à Matignon, Edouard Philippe a retrouvé officiellement dimanche son fauteuil de maire du Havre.

"Bien, détendu, très en forme! ". Ce proche a l'air même étonné: "Non, Edouard n'est ni dépressif ni malheureux d'avoir quitté la rue de Varenne". Le désormais ancien Premier ministre ne vit pas un enfer depuis son départ de Matignon.

Soulagé Edouard Philippe? "C'était une rupture d'un commun accord avec le Président. Donc il le vit très bien".

Après avoir passé 1145 jours à Matignon, l'ex chef du gouvernement a posé ses valises au Havre. A son programme: 2 conseils municipaux et un conseil communautaire extraordinaire le 15 juillet... jour de la déclaration de politique générale de son successeur.

"Ce jour-là, il sera élu à la tête de la métropole. Ce sera une formalité" assure un membre de son cabinet.

Edouard Philippe compte ensuite prendre de vraies et longues vacances. Et après? Son avenir politique local est assuré... Mais au niveau national?

A cette question, ses plus proches sont unanimes. "Il ne cesse de nous marteler qu'il sera dans une loyauté totale vis-à-vis du Président de la République. C'est une certitude" prédit l'une de ses plus proches. Richard Ferrand partage cette analyse: "en chaque Edouard ne sommeille pas un Balladur". Il ne sera pas un traitre.

Et au niveau national?

Un traitre, non... mais un recours? "Si Emmanuel Macron est empêché en vue de 2022, ce sera Edouard notre candidat. Mais seulement si Macron ne peut pas" affirme en coulisses un député de la majorité.

Les 2 hommes veulent jouer l'entente parfaite. La preuve: Emmanuel Macron a proposé une mission à son ancien Premier ministre : "consolider la majorité" en vue de 2022. La proposition lui a été faite lors de leur dernier entretien en tête-à-tête en fin de semaine dernière.

Sauf qu'il n'a "ni accepté ni refusé" selon son entourage. "Il a pris note. Point" répond sèchement l'un de ses membres.

Cette mission a suscité un malaise au sommet de l'Etat. Edouard Philippe n'était, en effet, pas au courant que l'Elysée ferait fuiter l'information. "Cette proposition était totalement à contre temps" fulmine une Philippiste.

Le maire du Havre veut se donner du temps avant de donner suite à cette proposition. Pas avant fin août, date d'une rentrée médiatique qu'il envisagerait. Il sortirait ainsi de son silence. L'occasion de constater si le pacte de non-agression est bel et bien respecté.

Thomas Soulié et Elisa Bertholomey