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La motion de censure sera débattue ce jeudi, malgré la demande de report d'une part de l'opposition

Non, l'examen de la motion de censure déposée mardi par l'ensemble de la gauche contre le gouvernement ne sera pas reportée. Les députés devront se prononcer ce jeudi à 16h30. Le président de l'Assemblée nationale l'a notifié ce mercredi dans une lettre à la socialiste Valérie Rabault qui, avec son groupe, demandait que le texte soit étudié plus tard, par "décence" après l'attaque à Strasbourg.

Des communistes aux socialistes en passant par les Insoumis, la gauche a déposé mardi après-midi une motion de censure contre le gouvernement, pour prendre acte de la colère sociale des Français, en pleine crise des gilets jaunes. Quelques heures après, des coups de feu endeuillaient Strasbourg.

C'est pourquoi les signataires socialistes ont exprimé ce mercredi à l'Assemblée nationale leur volonté de voir l'examen du texte repoussé à une date ultérieure, par souci de "décence" et pour ne pas contrevenir à "l'union nationale", selon la formule du député PS Boris Vallaud, face au terrorisme.

Il n'en sera rien: dans une lettre adressée ce mercredi soir à Valérie Rabault, présidente du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, le président de cette institution, Richard Ferrand, a fixé le débat à ce jeudi 16h30. 

"Or, ce matin, à la conférence des présidents réunie à 9h, et alors que l'attentat de Strasbourg était connu de tous, le représentant de votre groupe, monsieur Guillaume Garot, a discuté les modalités de déroulement du débat prévu jeudi 13 décembre sans, à aucun moment, solliciter le report de la discussion", a-t-il écrit, ajoutant alors qu'après que le créneau de cette séance a été établi, il n'avait pas été "saisi" d'une demande de report par les cosignataires.

La gauche diverge sur la question 

Ceux-ci ne paraissent d'ailleurs pas tous adopter une même ligne en la matière. A la tribune de l'hémicycle ce mercredi, Jean-Luc Mélenchon a plaidé pour le maintien du débat au nom de la vie démocratique, tout en précisant que s'il était reporté, les Insoumis "n'en feraient pas un drame". Edouard Philippe a approuvé la nécessité d'exprimer pleinement ses "désaccords car nous sommes d'accord fondamentalement pour défendre la République et la démocratie". 

Rappelant cet épisode récent dans sa missive, Richard Ferrand a souligné une dernière possibilité: "Si vous le voulez, il vous serait loisible, avec l'ensemble des signataires, de retirer la motion de censure déposée hier, laquelle pourra être redéposée à une date qui vous paraîtrait plus pertinente". une telle proposition aurait peu de chance de faire l'unanimité dans l'opposition de gauche. 

Robin Verner avec Anne Saurat-Dubois