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La gauche aussi a ses "constructifs"

David Habib.

David Habib. - GAIZKA IROZ / AFP

Comme chez Les Républicains, les élus les plus au centre du Parti socialiste affichent une volonté de "construire" avec la majorité d'Emmanuel Macron.

Sont-ils les nouveaux "frondeurs" ou les autres "constructifs" ? À l'extrême gauche du centre, soit en plein territoire social-démocrate, plusieurs députés socialistes sont en désaccord avec la ligne officielle du parti, dont le bureau national a décidé mardi qu'il ne voterait pas la confiance à un "gouvernement de droite". 

David Habib (élu des Pyrénées-Atlantiques), Guillaume Garot (Mayenne) ou Olivier Dussopt (Ardèche) font partie de ces députés récalcitrants à l'idée d'entrer dans une opposition ferme à Emmanuel Macron. L'idée d'être le miroir des constructifs de droite est loin de déplaire au trio.

"Il n'est pas question de quitter le groupe socialiste, précise David Habib dans Le Parisien. Mais notre position sur le vote de confiance au gouvernement est claire: nous disons officiellement que nous la voterons."

Pas question, non plus, de siéger avec le pestiféré de Solférino Manuel Valls, que David Habib a pourtant soutenu à la primaire de la Belle alliance populaire. "Nous souhaitons que le quinquennat réussisse et nous ne désirons pas nous engager dans une opposition stérile. Je me suis engagé vis-à-vis de mes électeurs sur le vote de confiance. Or, aujourd'hui, je ne sais toujours pas ce que le groupe fera lors de la déclaration de politique générale du gouvernement, le 4 juillet prochain", ajoute-t-il.

Pas d'opposition a priori

Pour éviter que le parti, laminé par deux défaites aux élections présidentielle et législatives, n'explose complètement, la consigne pourrait être celle de la liberté de vote pour les socialistes. "Constructifs" de gauche, abstentionniste - parmi lesquels figurent l'ancien ministre Stéphane Le Foll ou le président du groupe socialiste Olivier Faure - et opposants reportent ainsi à plus tard l'heure des règlements de compte. 

"La reconstruction du parti prendra du temps, reconnaît-on chez les cadres du parti. Mais des fraternités de combat subsistent. Nous non plus, on ne sera pas dans une opposition de principe, les éructations de la France insoumise et du FN s'en chargeront."

Olivier Falorni, élu divers qui cherche à former un groupe de centre gauche au gouvernement, considère dans Le Figaro que "la stratégie nouvelle du PS, qui consiste à s'opposer a priori à la politique du gouvernement d'Édouard Philippe, s'éloigne de l'esprit de responsabilité et de la culture de gouvernement." Une trentaine de députés socialistes seraient, selon lui, prêts à le rejoindre, refusant la "mélenchonisation" du parti. À moins que celui-ci ne se soit "droitisé" ?

Louis Nadau