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La garde des Sceaux plaide pour la diversification des peines de prison

Nicole Belloubet

Nicole Belloubet - THOMAS SAMSON / AFP

Nicole Belloubet estime que l'éventail des peines à disposition des magistrats doit être élargi afin de désengorger les prisons.

Chahutée par le mouvement social des gardiens de prison, la garde des Sceaux Nicole Belloubet, interrogée sur RTL ce dimanche sur la question brûlante de la surpopulation carcérale, a défendu, en plus d'une augmentation de 10.000 places de prison, une diversification des peines permettant de désengorger les établissements pénitenciers. 

"Dans la situation actuelle, nous sommes capables en cinq ans d’en construire 10.000, à la fois sur des prisons très sécurisées et des quartiers de préparation à la sortie", a d'abord expliqué Nicole Belloubet, alors qu'Emmanuel Macron avait durant la campagne présidentielle, évoqué le chiffre de 15.000 places supplémentaires.

Peines autonomes

Le ministre de la Justice estime par ailleurs que les magistrats doivent avoir à leur disposition un plus large éventail de sanctions afin d'éviter l'emprisonnement dans certains cas.

"Il ne s'agit pas des peines alternatives, mais de peines entières, autonomes", prévient Nicole Belloubet. "Je prétends également qu’il y a des très courtes peines qui n’ont pas leur place en prison, parce que nous savons que la prison est un facteur de récidive."

L'ancienne membre du Conseil constitutionnel a souligné la nécessité de corréler "le plan prison" - c'est-à-dire la construction de nouvelles places - avec cette diversification des peines. "Il y a une différence entre un terroriste islamiste et une personne condamnée pour conduite en état d’ivresse", constate-t-elle, insistant sur l'importance de construire "en fonction de la diversité des régimes de détention".

L.N.