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L'exécutif s'éloigne de la piste d'un référendum le jour des européennes

Edouard Philippe, Premier ministre

Edouard Philippe, Premier ministre - Bertrand GUAY / AFP

Officiellement, rien n'est tranché. Mais les réserves de membres de l'exécutif autour de l'opportunité d'organiser un référendum le 26 mai, jour des européennes, s'accumulent, au point que l'idée semble ce jeudi soir de plus en plus écartée.

Un référendum organisé le jour des européennes? Caressée ces derniers jours par le sommet de l'Etat, l'hypothèse s'éloigne des esprits qui peuplent l'exécutif. "Le 26 mai, c'est plié", croit savoir un ministre interrogé par BFMTV. Plusieurs membres du gouvernement seraient farouchement opposés à l'idée, dont Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères. Tout comme François Bayrou, qui conseille toujours le chef de l'Etat, mais aussi Alain Juppé.

Ce mercredi, à la sortie du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, affirmait cependant que rien n'était décidé quant aux modalités d'une telle initiative:

"On a commencé le débat national il y a trois semaines. Il va continuer jusqu'à la mi-mars. C'est après ce travail qu'on se posera la question. On ne prendra la décision sur la méthode que quand on saura ce qu'on fait sur le fond". 

Les réserves d'Edouard Philippe 

Mardi, devant les sénateurs, le Premier ministre, Edouard Philippe, s'était davantage avancé. Et visiblement, il n'est pas un chaud partisan d'un référendum le 26 mai:

"Le scrutin du 26 mai aura une importance considérable pour la construction européenne et notre pays. Il faut que le débat ait lieu, il faut que les responsables politiques, les citoyens, disent clairement ce qu'ils souhaitent concernant la construction européenne. Nous avons tous à gagner à la clarté du débat en la matière et tout ce qui aurait pour effet de remettre en cause la clarté du débat serait probablement à écarter".

L'hypothèse initiale bénéficiait pourtant de soutiens de poids, comme ceux de proches du président de la République, à l'instar du député Sacha Houlié ou encore du sénateur François Patriat. Mais l'article du Journal du dimanche paru le week-end dernier assurant qu'Emmanuel Macron avait pour ainsi dire pris la décision de tenir cette consultation le 26 mai prochain n'a pas franchement soulevé l'enthousiasme des membres du gouvernement et de la majorité, bien au contraire. Au sein de celle-ci, les représentants du MoDem sont particulièrement hostiles à une organisation conjointe des européennes et d'un référendum national, craignant que le second parasite les enjeux des premières.

"C'était un ballon d'essai. C'est désormais mort", glisse un ténor du MoDem. 

Les faveurs des Français 

Ainsi, si la voie référendaire semble toujours valide aux yeux de l'exécutif afin de sortir de la crise ouverte par le mouvement des gilets jaunes, il semble qu'il faille trouver une autre date... qui pourrait être fixée au 23 juin. 

La date du 26 mai a pourtant les faveurs d'une majorité de Français. Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro, publié ce jeudi soir, ils sont ainsi 55% à estimer qu'il est bon de vouloir mettre en place le référendum le jour du scrutin. Il faut noter d'ailleurs que la proposition connaît une popularité particulière parmi les formations les plus critiques du chef de l'Etat, mais également des institutions européennes. Ainsi, 58% des électeurs proches de la France insoumise et 56% proches du Rassemblement national se prononcent en ce sens. 

Robin Verner avec Thomas Soulié