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Jean-Pierre Raffarin quitte la vie politique

Jean-Pierre Raffarin, le 5 novembre 2014.

Jean-Pierre Raffarin, le 5 novembre 2014. - Thomas Samson - AFP

L'ancien Premier ministre explique "contribuer au nécessaire renouvellement de la vie politique".

La pente était-elle devenue trop forte ? Jean-Pierre Raffarin annonce ce mardi qu'il se retire de la vie politique. "Le moment est venu de me retirer de la vie politique élective", explique l'ancien Premier ministre, 68 ans. "Je renonce aux trois ans de mandat qu'il me reste à accomplir au Sénat car le moment est pertinent. La jeune génération politique prend le pays en main et c'est heureux [...] Je veux contribuer au nécessaire renouvellement de la vie politique", écrit le cadre des Républicains dans une tribune adressée à la La Nouvelle République

L'ancien président de la région Poitou-Charentes annonce son intention de créer Leaders for Peace, "une ONG internationale pour alerter contre les risques de guerre qui nous menacent", et de continuer à œuvrer "au service de la coopération franco-chinoise". 

Une figure de la vie politique

Jean-Pierre Raffarin avait occupé Matignon pendant trois ans sous la présidence de Jacques Chirac, jusqu'au "non" au référendum européen de 2005. Poids lourd du parti Les Républicains, il a fait partie du triumvirat à la tête de l'UMP après la chute de Jean-François Copé et avant le retour de Nicolas Sarkozy. Soutien d'Alain Juppé lors de la primaire de la droite, Jean-Pierre Raffarin s'est ensuite rangé derrière François Fillon lors de la campagne présidentielle. 

Le sénateur de la Vienne a échoué à deux reprises (2008 et 2014) à prendre la tête du Sénat, chaque fois battu par Gérard Larcher. Après son second revers, il avait pris la présidence de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat. Son appétence pour les sujets internationaux faisait de lui un prétendant pour le quai d'Orsay dans le premier gouvernement d'Édouard Philippe. Celui qui déclarait vouloir "aider" le nouveau président de la République au lendemain de son élection ne relèvera pas ce nouveau défi. 

Ce grand fan de Johnny Hallyday était devenu une figure de la vie politique française, notamment en raison de ses fameuses "raffarinades", formules faussement profondes, souvent hasardeuses, mais toujours drôles. Florilège: "Les jeunes sont destinés à devenir des adultes", "Il est curieux de constater en France que les veuves vivent plus longtemps que leurs maris", ou encore "Je vous recommande la positive attitude". La plus célèbre de ces envolées demeure cependant cette tentative de philosophie en anglais, abondamment parodiée, notamment par les Guignols de l'info: "Win the 'yes' needs the 'no' to win against the 'no'".

Louis Nadau