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"Je l'assume totalement": Rugy se défend après les révélations de Mediapart sur ses luxueux dîners 

François de Rugy multiplie les réponses après la publication ce mercredi sur Mediapart du détail de dîners aussi raffinés que copieux, et employant du personnel, ayant eu lieu à sa résidence officielle de président de l'Assemblée nationale lorsqu'il occupait cette fonction, et financés sur le budget de l'Etat.

François de Rugy se défend. Après la parution ce mercredi de la nouvelle enquête de Mediapart assurant qu'entre octobre 2017 et juin 2018, alors président de l'Assemblée nationale, il a organisé avec son épouse de grands dîners, convoquant homards, champagne et grands crus puisés dans les caves de l'institution, en compagnie d'amis et de proches, le tout aux frais de l'Etat, dans sa résidence officielle, François de Rugy a dénoncé sur France Inter "un article pamphlétaire". Faisant référence à son titre La vie de château sur fonds publics des époux Rugy, il a lâché: "C'est grotesque". 

"Non, ce ne sont pas des amis" 

La charge est cependant lourde, bien que la pratique reprochée à l'ancien pensionnaire de l'hôtel de Lassay ne soit pas franchement inédite. Outre la richesse des mets sur la table et la finesse des vins déversés dans les verres des heureux convives, le tout immortalisé par plusieurs photos, il est donc dit que François de Rugy rassemblait alors son cercle personnel et non des personnalités associées à sa tâche ou aux intérêts du pays. Lui nie, affirmant au contraire qu'il s'agissait de rencontres de travail, bien qu'informelles.

"Non, ce ne sont pas des amis. Nous en connaissions certains, nous ne connaissions pas les autres. (...) Mais c’est le propre d’avoir des relations de travail, ça faisait partie de mon travail de président de l’Assemblée nationale de rencontrer des gens, de représenter l’Assemblée, d’expliquer ce que nous faisions à l’Assemblée nationale, de la défendre auprès de gens de la société civile, du monde économique, du monde universitaire, des médias également. C’est normal, je l’assume totalement", a-t-il posé à la radio. "Je me défendrai et défendrai ma femme car je n’accepte pas qu’on nous attaque, nous n’avons rien à nous reprocher ni elle ni moi", a-t-il ensuite martelé. 

François de Rugy, aujourd'hui ministre de la Transition écologique, a aussi fait circuler les réponses qu'il avait formulées mardi aux questions envoyées par Mediapart. Là, il concède une dizaine de "dîners informels liés à l’exercice de ses fonctions avec des personnalités issues de la société civile" et avance qu'en "un an", il a par ailleurs "fait baisser les frais de représentation de l'hôtel de Lassay de 13% et ses frais de déplacement de plus de 34%".

Son épouse, Séverine de Rugy, a pourtant validé auprès de Mediapart l'idée de soirées entre amis. "Certes, ça appartient à un cercle amical mais on n’est pas là pour se taper la cloche. Effectivement, je connais des gens mais quand on les voit, on parle toujours de politique et y a des choses qui en sortent en relationnel", a-t-elle tenté. 

Rugy renvoie au service restauration 

Et qu'en est-il des vins servis à table, pris dans les rayonnages de l'Assemblée nationale, et dont la circulation est normalement soumise à des autorisations précises? "Quel que soit le déjeuner ou le dîner, les menus, y compris le vin servi, étaient choisis par le service restauration de l'Assemblée nationale", a répondu l'ancien élu de Loire-Atlantique à la presse.

Le bât blesse encore lorsqu'il vient frotter contre la question de l'emploi du personnel de l'Assemblée nationale pour ces dîners, s'étirant parfois tard par ailleurs. "Compte-tenu des contraintes d'agenda d'un président de l'Assemblée nationale, les dîners organisés à la présidence commençaient en général à 21 heures et se concluaient habituellement autour de 23h30. Le personnel affecté à ces tâches a travaillé dans le respect des règles habituelles", a-t-il dit à ses interlocuteurs. 

L'explication fait cependant long feu concernant les occasions entièrement privées comme un rendez-vous de la Saint-Valentin en février 2018. "Pour le jour de la Saint-Valentin, le service de restauration de l'hôtel de Lassay a eu la délicate attention, sans qu'aucune demande préalable ne lui soit faite, de décorer la table de François de Rugy et son épouse", a-t-il rétorqué à Mediapart

Robin Verner