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Hulot appelle à "s'unir" pour mener "la guerre" contre le dérèglement climatique

Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique et solidaire, en juin 2017

Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique et solidaire, en juin 2017 - JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

"Nous devons absolument nous rassembler, au-delà de toutes nos barrières politiques, religieuses pour changer nos modes de vie", a déclaré l'ancien ministre de la Transition écologique dans Dimanche Ouest-France.

L'ancien ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a appelé à l'unité par-delà les clivages politiques afin d'affronter la "guerre" contre le dérèglement climatique, dans un entretien à paraître dans Dimanche Ouest-France

"Il est urgent d'affronter la réalité climatique, écologique plutôt que de toujours lui tourner le dos. Nous devons absolument nous rassembler, au-delà de toutes nos barrières politiques, religieuses pour changer nos modes de vie. En temps de guerre, on est capable de s'unir sur l'essentiel. Et nous sommes en guerre!", lance Nicolas Hulot dans les colonnes du journal régional. 

Idéologies creuses

"Ce modèle économique est obsolète. On est au bord de l'abîme", poursuit l'ancien ministre. "Quand Notre-Dame brûle, les flammes sont visibles, que l'on soit croyant ou pas, on est tout prêt à prendre un seau pour aller aider les pompiers. La planète se consume, mais on continue à cultiver nos différences, à s'appuyer sur des idéologies creuses".

"Il faut arrêter de dire aux gens qu'on a une grippe alors qu'il s'agit bien d'une tumeur", insiste-t-il.

Nicolas Hulot, qui a démissionné du gouvernement en septembre 2018, se dit "prêt" à apporter son "soutien à un gouvernement qui fera la démonstration qu'il veut véritablement faire rentrer l'écologie dans la modernité". "Je ne serai pas avec lui politiquement, mais je serai derrière en appui pour faire en sorte que les citoyens adhèrent. C'est beaucoup plus important que de reprendre une posture partisane", explique-t-il.

Pas candidat aux municipales 

S'il affirme qu'il ne sera pas candidat aux municipales, Hulot appelle cependant "les maires de tous bords" à "faire un effort" pour "cesser de consommer des terres agricoles à tous crins avec des projets immobiliers, des projets de grandes surfaces, des projets d'une autre époque au moment où il faut revitaliser les coeurs des villes". "Quand on artificialise des sols, on ne permet pas aux sols de jouer leur rôle de puits de carbone", rappelle l'ancien ministre. 

Il critique aussi les accords de libre-échange signés par l'Union européenne avec le Canada ou l'Amérique du Sud. "Comment peut-on demander à des agriculteurs de ne plus utiliser d'OGM ou de glyphosate, alors qu'on ouvre en grand les vannes à des importations ! Où est la logique ?", demande-t-il.

"Il faut donc se protéger aux portes de l'Europe par des écluses fiscales et environnementales. Si les gens veulent accéder au marché européen, premier marché économique mondial, ça les incitera à faire des efforts et à être vertueux comme nous", estime le président d'honneur de la Fondation pour la nature et l'homme.

E.P avec AFP