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Hommage solennel à Jacques Chirac: la présence de Marine Le Pen fait des remous

Marine Le Pen sur les bancs de l'Assemblée nationale, le 19 juin 2019

Marine Le Pen sur les bancs de l'Assemblée nationale, le 19 juin 2019 - Kenzo TRIBOUILLARD / AFP

Estimant que "dans la mort, on n'est plus dans le conflit politique", la présidente du Rassemblement national a confirmé sa présence à la cérémonie solennelle organisée lundi à Paris en hommage à l'ancien président.

La présence lundi de Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national et députée du Pas-de-Calais, à la cérémonie d'hommage à Jacques Chirac, en l'église Saint-Sulpice à Paris, fait des remous alors que son père jean-Marie avait fait de l'ancien président un "ennemi".

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Selon une source proche de la famille, le clan Chirac a appris samedi par la presse cette venue qu'il ne souhaite pas, mais qui est de droit. Un décret de 1989 relatif aux cérémonies publiques fixe en effet la liste des corps et autorités pouvant être conviés dont les députés font partie.

"Il n'y a pas d'invitation officielle" mais "le respect de l'esprit républicain, c'est que dans la mort on n'est plus dans le conflit politique, dans la contestation politique, on est dans l'hommage", a répété dimanche Marine Le Pen dans l'émission Dimanche En Politique sur France 3.

Chirac, "un grand ennemi de la famille Le Pen"

Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin s'est ému de cette présence: "je pense que le président Jacques Chirac a été sans aucune espèce de doute possible un grand ennemi de la famille Le Pen et que c'est un bel héritage que nous devons continuer à mettre en place", a-t-il déclaré lors du Grand rendez-vous Europe 1-CNews-Les Echos, se refusant cependant à condamner la participation de Marine Le Pen. 

"Mme Le Pen est élue de la Nation, personnellement je le regrette, je la combats (mais) je n'ai pas d'opinion" sur sa venue lundi au service présidé par Emmanuel Macron en l'église Saint-Sulpice, a déclaré le ministre.

Interrogée sur les propos de Gérald Darmanin, la responsable d'extrême droite a jugé qu'il "manque là d'esprit républicain et peut-être d'hauteur d'âme".

"Pas de débat possible avec le Front national"

Son père Jean-Marie Le Pen avait été l'adversaire de Jacques Chirac au second tour de la présidentielle de 2002. Marine Le Pen lui a succédé à la tête du Front national (FN) en 2011.

Jacques Chirac, qui a toujours refusé toute entente avec l'extrême droite, avait refusé de débattre avec le président du FN avant le second tour, déclarant qu'il n'y avait "pas de débat possible" face à "l'intolérance et la haine". Pendant deux semaines, entre les deux tours, des millions de personnes avaient défilé contre le racisme. Au soir du second tour, Jacques Chirac avait été facilement réélu.

Contrairement à son père, Marine Le Pen n'a "jamais eu de relation personnelle" avec Jacques Chirac qui l'ait "poussée à le considérer comme un ennemi", a-t-elle également fait valoir ce dimanche.
Mélanie Rostagnat avec AFP