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Hollande se rend sur le site symbolique de Florange lundi

François Hollande devant des salariés d'ArcelorMittal à Florange, le 26 septembre 2013.

François Hollande devant des salariés d'ArcelorMittal à Florange, le 26 septembre 2013. - Patrick Hertzog - AFP

Le chef de l'Etat François Hollande se rend, lundi, sur le site très symbolique de Florange, en Moselle, où il avait promis de se rendre tous les ans pour suivre le dossier ArcelorMittal.

Il s'était engagé à revenir tous les ans. François Hollande se rendra lundi à Florange, en Moselle, a annoncé l'Elysée mardi.

Le Président, qui avait fait le déplacement pendant sa campagne pour la présidence en 2012, puis en septembre 2013, en promettant d'y revenir chaque année, visitera plusieurs sites, dont une plateforme de recherche sur l'acier installée à Uckange, près de Florange. Il ira aussi sur le site d'ArcelorMittal et inaugurera le nouveau site de la société Safran à Commercy, selon un communiqué de l'Elysée.

Une histoire mouvementée

La relation entre le chef de l'Etat et le site de Florange, symbole de la désindustrialisation du pays, est particulièrement épineuse. En 2012, il s'y était rendu alors qu'il était candidat du PS à la présidentielle, pour soutenir les salariés menacés de licenciement. Devant les caméras, il leur avait promis de sauver le site.

En avril 2013, les hauts-fourneaux de Florange ont pourtant fermé, touchant 629 des quelque 2.500 salariés du site. Une partie a quitté l'entreprise dans le cadre d'un plan de départ volontaire, et 300 ont bénéficié d'une formation et d'une nouvelle affectation. Une quarantaine ont été reclassés ailleurs, selon RTL.

L'affaire avait donné lieu à des mois de bras de fer social. En colère, le syndicat FO avait déposé devant l'usine une stèle dénonçant une "trahison" de François Hollande, similaire à celle inaugurée pour son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, en 2009, non loin de là, à Gandrange. La fermeture des hauts fourneaux avait aussi agité fortement l'exécutif, au point qu'Arnaud Montebourg, alors ministre de l'Economie et des finances, avait menacé de démissionner.

En septembre 2013, lorsqu'il était retourné sur les lieux, François Hollande avait été accueilli par les sifflets des salariés, qui estimaient qu'il n'avait pas tenu ses promesses. Sur place, il avait promis un centre public de recherche et de développement industriels pour la sidérurgie lorraine, doté de 20 à 50 millions d'euros d'investissements, dont 20 en 2014. 

Hollande "a raison de revenir", pour Edouard Martin

Implantée à Uckange, une des communes sur lesquelles s'étend le site d'ArcelorMittal, cette plate-forme emploiera une douzaine de personnes. "Un épiphénomène", pour Frédéric Weber, secrétaire général adjoint du syndicat FO, qui estime que la venue de François Hollande à Florange est "un non-événement pour l'immense majorité des salariés".

Edouard Martin, ancien militant syndicaliste de la CGT devenu tête de liste PS aux élections européennes, estime au contraire que le Président a "raison de revenir", rapportent les Dernières nouvelles d'Alsace. "Si on regarde l'histoire de Florange à travers le prisme des hauts fourneaux, c'est un échec. Si on creuse plus, il faut retenir les 240 millions d'investissements stratégiques qui ont été promis. Ce n'est pas rien", ajoute-t-il. L'accord, passé fin 2012 entre ArcelorMittal et l'Etat, risque toutefois de ne pas suffire à garantir un accueil chaleureux à François Hollande.

Ariane Kujawski avec agences