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VIDEO - Manuel Valls: "La réforme territoriale va forcément évoluer"

Le Premier ministre Manuel Valls sur le plateau de BFMTV-RMC, le 3 juin 2014.

Le Premier ministre Manuel Valls sur le plateau de BFMTV-RMC, le 3 juin 2014. - -

Le Premier ministre Manuel Valls était l'invité de BFMTV-RMC, mardi matin. Réforme-territoriale, terrorisme intérieur, annonces... Tout ce qu'il ne fallait pas rater de son interview.

Réforme territoriale, affaire Nemmouche, asile politique d'Edward Snowden et critiques contre François Hollande... Manuel Valls était l'invité de BFMTV-RMC, mardi matin. Voici ce qu'il ne fallait pas rater de son interview.

# La réforme territoriale

• Une réforme pas "figée". Manuel Valls a assuré que la réforme territoriale, avec 14 départements, ne serait pas "figée". "Elle va forcément évoluer, il y aura des débats d'abord au Sénat puis à l'Assemblée nationale. Il pourra y avoir des évolutions, a assuré Manuel Valls. L'essentiel est de réduire le nombre de régions pour les rendre plus fortes et plus compétitives." "Il y avait besoin de changer, de réformer. Il fallait le faire", a défendu Manuel Valls face aux mécontents.

• Pas de référendum. Volontiers débattue au parlement, la réforme territoriale se passera en revanche d'un référendum, trop risqué pour l'exécutif, a concédé Manuel Valls. "Face à cette question d’intérêt général, on répondrait à une autre question. On répondrait à une question sur le président de la République puisque c'est lui qui poserait cette question. (…) Sur ce sujet compliqué, vous auriez l’addition de tous les contraires. C'est au président de la République, au gouvernement et au Parlement - et je l’espère de tout cœur - de faire valoir l'intérêt général."

• Deux textes et un calendrier expéditif. "Vote avant l'été, passage en Conseil des ministres le 18 juin" de deux textes, a précisé Manuel Valls. Un premier texte qui reconfigure" la carte des régions "et aussi le texte sur les compétences des régions, sur la montée en puissance de l'intercommunalité", a détaillé le Premier ministre.

• Trois années de transition. Le but étant, à terme, de supprimer les conseils généraux. Ce qui ne devrait pas intervenir tout de suite. Selon les mots du Premier ministre, les trois prochaines années seront des années de transition. "Il faut trois ans pour transférer les compétences (des conseils généraux) et les agents". "Les conseils généraux vont garder pendant trois ans un certain nombre de compétences, ce qu'on appelle le 'bloc social' et la cohésion territoriale, notamment dans les territoires ruraux", a-t-il assuré.
La réforme territoriale fait réagir,

# L'affaire Nemmouche

• 800 Français "concernés" par la Syrie. L'affaire Nemmouche a révélé, en écho à l'affaire Merah, l'émergence en France d'un terrorisme islamique de l'intérieur. "C'est sans doute la menace la plus importante. En 2013, j'avais déjà indiqué que nous faisions face à une dizaine de Merah potentiels", a rappelé Manuel Valls, mardi. "Nous avons dépassé en France le nombre de 800 Français ou citoyens résidant en France qui sont concernés par la Syrie", a chiffré Manuel Valls. "Nous n'avons jamais été confrontés à un tel défi" ,a poursuivi le Premier ministre.

• Nemmouche déchu de sa nationalité française? Interrogé sur ce point, Manuel Valls a rappelé que "dans notre loi fondamentale, nous pouvons déchoir de la nationalité ceux qui s’attaquent aux intérêts fondamentaux de notre pays".

• De nouvelles mesures sécuritaires à venir. "A la fin du mois de juin, on va renforcer tous les moyens de prévention, de suivi des familles. Il faut des modifications législatives pour surveiller" ces individus.

#La réforme pénale

"Il n'y a jamais eu autant de monde dans nos prisons, nous devons lutter contre la récidive. Plutôt que de s'écharper entre la droite et la gauche, travaillons ensemble", a demandé Manuel Valls, avant de rappeler que le gouvernement s'engageait à "construire 6.500 places de prison supplémentaires".

"La prison elle-même ne prépare pas toujours le bon accomplissement des peines", a-t-il souligné, invoquant la radicalisation de certains profils, comme Mehdi Nemmouche, en prison.

#Les ministères préservés des coupes budgétaires

Interrogé au sujet des coupes budgétaires à venir, Manuel Valls a garanti que trois ministères seraient préservés de toute économie: "l'Education nationale, la police et la justice".

>> Ses déclarations économiques, ici.

#Le point dissolution

"Si la majorité est cohérente, il n'y aura pas de dissolution. On va pas rajouter du désordre à la situation que nous connaissons", a estimé Manuel Valls, balayant du même coup toute dissolution pour l'instant.

# Valls "fatigué et écoeuré" des attaques contre Hollande

Un nouveau sondage publié lundi souligne la popularité toujours en berne de François Hollande, quand Manuel Valls s'en sort plutôt bien. "Je suis fatigué, un peu écoeuré, des petits mots, des petites piques sur le président de la République. (...) Il y a cette mise en cause permanente du chef de l'Etat. Evidemment qu'il va tenir (jusqu'à la fin de son mandat). Et moi, je suis à ses côtés pour qu'il réussisse."

#L'asile pour Snowden?

Alors que L'Express a lancé un appel pour que la France offre l'asile politique à Edward Snowden, à l'origine des révélations de l'affaire Wikileaks. "Si la question se pose, elle sera bien sûr examinée", a répondu Manuel Valls, tout en se déclarant "pas favorable" à un accueil de Snowden en France.

Sandrine Cochard