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VIDEO - Manifestations: "On s'est laissé dépasser", concède Le Foll

Stéphane Le Foll

Stéphane Le Foll - -

Le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll est revenu ce mardi sur les débordements qui ont accompagné ce week-end les manifestations de soutien à Gaza.

"D'autres manifestations se sont passées dans le calme, (...) on ne peut pas accepter ce qui s'est passé", a déclaré mardi Stéphane Le Foll, invité de BFMTV/RMC. Le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement, répondant aux questions d'Apolline de Malherbe, évoquait ainsi les violences qui ont eu lieu en marge des manifestations propalestienniennes de samedi à Paris et dimanche à Sarcelles, il a parlé de "démonstrations insupportables et intolérables".

"Ce qui est en cause c'est la violence, c'est la question de la haine", a-t-il continué. "Si les manifestants souhaitent organiser une manifestation qui réponde aux questions posées en termes de sécurité et surtout de non-expression de la haine, alors les manifestations sont autorisées", a-t-il souligné.

# Sur l'absence de maîtrise des débordements

"On s'est laissé dépasser par des gens qui voulaient de toute façon manifester", malgré l'interdiction, a déclaré Stéphane Le Foll.

Faisant le parallèle avec les interdictions des spectacles de Dieudonné, qui ont depuis repris avec une certaine virulence, Apolline de Malherbe demande à Stéphane Le Foll s'il croit appliquer une méthode efficace. "Mais quelle est la méthode dans ce genre de débats, face à des gens qui poussent à la haine? C'est de rester ferme. Quand on interdit, vous nous répondez, il ne faut pas le faire. Certains ont pris un angle qui veut remettre en cause les valeurs de la République", a-t-il continué.

"Ce qui est intolérable c'est d'oublier la question de la tolérance", s'est-il insurgé avant d'indiquer que "les responsables du culte" prônent quant à eux, "la tolérance". "Nous devons revenir à la tolérance".

"Certains ont fait le choix d'attaquer des synagogues (...) Face à ce problème, il faut réaffirmer les valeurs de la République et la Laïcité", a martelé le ministre.

# Sur les accusations de comportement "liberticide"

Sur l'accusation d'être liberticide proférée par le député socialiste Alexis Bachelay, le ministre "aurait aimé que M. Bachelay s'exprime sur ce qu'il s'est passé, sur ce qui a été dit par certains, plutôt que de faire des commentaires". "Personne ne peut envisager un seul instant une idée de liberticide. Comment peut-on faire des commentaires pareils", s'est-il indigné. "Je trouve cela parfaitement inadmissible de la part de ce député".

# Sur les sanctions à infliger aux fauteurs de trouble

Quant à la suite qui sera donnée aux interpellations qui ont eu lieu lors des interpellations, Stéphane Le Foll rappelle qu'il laisse la Justice faire son travail et qu'il ne sait pas qui ils sont et qu'il "ne fait pas de commentaire". "Il faut arrêter avec ça, les sanctions c'est la justice qui les décide, elle applique la loi".

Sur l'expulsion du territoire des fauteurs de troubles étrangers suggérée par l'UMP Bruno Le Maire, Stéphane Le Foll répond: "Il ya des règles en France, celui qui a vocation à être présent est présent, ceux qui sont en situation irrégulière ont vocation à être renvoyés, a fortiori s'ils ont manifesté".

"On doit faire face, on doit rester sur l'engagement qui est celui de François Hollande, celui de faire en sorte qu'on respecte les lois de la République", tout en exprimant une volonté "d'apaiser les tensions".

David Namias