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Valls: La France "n'hésitera pas" à rétablir temporairement le contrôle aux frontières

Manuel Valls a rejeté mercredi la proposition de Nicolas Sarkozy d'instituer un statut de réfugié de guerre, tout en ironisant également sur la proposition de l'ancien chef de l'Etat d'un "Schengen 2".

"La France doit rester, aux yeux du monde, ce phare qui ne vacille pas au cœur de la tempête, qui ne se laisse pas aller à la tentation de l'aveuglement, à la facilité", a lancé le Premier ministre mercredi dans un discours oscillant entre "fermeté et humanité" lors du débat à l'Assemblée nationale sur l'accueil des réfugiés.

La France n'"hésitera pas" à rétablir temporairement le contrôle aux frontières, comme elle l'a déjà fait à la frontière franco-italienne et comme vient de le faire l'Allemagne, "si nécessaire dans les prochains jours ou prochaines semaines", a ainsi affirmé le Premier ministre.

"Nous avons déjà rétabli ce printemps des contrôles temporaires à cette frontière. Et nous n'hésiterons pas à le faire de nouveau comme les règles de Schengen le permettent à chaque fois que les circonstances l'imposent, si c'est nécessaire dans les prochains jours ou prochaines semaines", a-t-il déclaré.

"Il est urgent de le faire", juge pour sa part la députée Front national Marion Maréchal-Le Pen.

Ironie sur le "Schengen 2" de Sarkozy

Manuel Valls a également déclaré que, face à l'arrivée des migrants, il refusait le discours de ceux qui "nous disent il faut tout fermer", comme de ceux qui disent, à l'inverse, "il faut tout ouvrir" "Mon devoir, celui du gouvernement, c'est être lucide, car nous sommes aux responsabilités".

Il a rejeté la proposition de Nicolas Sarkozy d'instituer un statut de réfugié de guerre. "J'examine toute proposition avec intérêt. Mais quel est donc ce besoin de créer quelque chose qui existe déjà, qu'il s'agisse de la protection temporaire européenne ou de la protection subsidiaire prévue par le droit français?", a lancé Manuel Valls. 

Le Premier ministre a également répondu à une autre proposition de Nicolas Sarkozy, celle d'un "Schengen 2", là encore sans citer nommément l'ancien chef de l'Etat, une mesure qui selon lui reprend en réalité la politique gouvernementale. "Qu'y a-t-il derrière cette proposition? J'ai compris que Schengen 2 c'était le respect des règles de Schengen 1. C'est une position qui a pour principal vertu de ne pouvoir susciter que l'unanimité et le rassemblement", a-t-il ironisé.

279 millions d'euros supplémentaires en 2016

Manuel Valls a annoncé que le gouvernement allait débloquer 279 millions d'euros supplémentaires en 2016 pour financer l'accueil des réfugiés et des demandeurs d'asile en France, a annoncé mercredi Manuel Valls à l'Assemblée nationale, après l'engagement de François Hollande d'accueillir 24.000 personnes de plus en deux ans.

Pour 2017, ces crédits supplémentaires dédiés notamment au premier accueil, à l'hébergement d'urgence, à l'aide aux communes et à des renforts d'effectifs, doivent atteindre 334 millions, soit un total dépassant les 600 millions d'euros d'ici la fin 2017.

250 millions d'euros des crédits dédiés "à l'hébergement d'urgence et à la veille sociale" seront débloqués sur les douze mois à venir, dont 130 millions "dès le mois prochain". La solidarité, c'est garantir un accueil des réfugiés et demandeurs d'asile", a souligné le Premier ministre tout en affirmant que cette solidarité "ne doit pas dégrader la situation de celles et ceux de nos concitoyens qui ont besoin d'être aidés".

900 postes supplémentaires dans les forces de l'ordre

Le chef du gouvernement a également annoncé que 900 postes supplémentaires dans les forces de l'ordre seront créés, notamment dans la police aux frontières, dans le cadre de la lutte contre l'immigration irrégulière.

"Compte tenu de cette charge nouvelle qui pèse sur les services" avec les éloignements forcés et "pour ne pas affaiblir les dispositifs liés à la lutte contre le terrorisme et la délinquance, nous avons décidé de renforcer les effectifs de police et de gendarmerie, notamment la police aux frontières, à hauteur de 900 personnels".

la rédaction avec AFP