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Taubira: "Que les racistes le sachent, je vis et je vivrai"

Le ministre de la Justice Christiane Taubira

Le ministre de la Justice Christiane Taubira - Kenzo Tribouillard - AFP

Dans un entretien à Paris-Match, la ministre de la Justice dresse un parallèle entre esclavagisme et racisme. Elle consacre un livre au premier et évoque le second auquel elle se trouve confrontée de façon de "plus en plus violente" depuis son arrivée au gouvernement, selon elle. 

Christiane Taubira accompagnera François Hollande en Guadeloupe le 10 mai prochain pour la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leur abolition. En parallèle la Garde des Sceaux sort un ouvrage appelé "L’esclavage raconté à ma fille". Et dans un entretien à Paris-Match, elle lie esclavage et racisme: le second "a été construit pour justifier le système esclavagiste. Avant la grande vague de la traite et de l’esclavage, le niveau de développement de l’Europe, de l’Afrique et de l’Asie était équivalent. Les relations entre les autorités européennes et africaines étaient d’égal à d’égal. (...) Il y avait peut-être des préjugés, mais pas une théorie qui expliquait des inégalités entre les races".

Des attaques "de plus en violentes" pour elle et ses proches

Des préjugés dont elle est une victime récurrente depuis plusieurs années et notamment la loi autorisant le mariage pour les couples homosexuels. "C’est de plus en plus violent, admet-elle dans l’hebdomadaire. Pour moi personnellement. Pour mes quatre enfants qui prennent ça en pleine figure, pour mes petits-enfants. Cette violence est incommensurable. (...) Mais ils n’auront pas mon suicide. Que les racistes le sachent, je vis et je vivrai".

"Ils n’auront pas mon suicide"

Au-delà de l’écriture, politiquement aussi Christiane Taubira s’engage contre l’esclavagisme puisque lors d’une allocution à Sciences Po en ouverture d'un colloque de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) sur "les nouveaux visages de l'esclavage" a exhorté à s’"imprégner de l'urgence de combattre ce fléau. (...) Tous les pays du monde sont concernés, par l'origine, le transit ou la destination des victimes. La lutte contre ce fléau doit donc être internationale et il faut se doter d'instruments juridiques et judiciaires pour la rendre plus efficace".

S.A.