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Taubira défend sa réforme pénale à "Des paroles et des actes"

Christiane Taubira a défendu sa réforme pénale dans "Des paroles et des actes".

Christiane Taubira a défendu sa réforme pénale dans "Des paroles et des actes". - -

La garde des Sceaux était l’invitée de l’émission de France 2 jeudi soir, pour défendre point par point la réforme pénale qu’elle a présentée la semaine passée.

Christiane Taubira persiste et signe. Invitée de Des paroles et des actes jeudi soir sur France 2, la ministre de la Justice a défendu sa réforme pénale, qui prévoit notamment la suppression des peines plancher, mais surtout l’introduction de la contrainte pénale, qui consiste à contrôler un condamné sans forcément l’incarcérer.

"La contrainte pénale est une vraie peine, je l'ai dit. Il n'y a pas que des peines d'incarcération! Je répète que le juge peut continuer à prononcer des peines d'incarcération, même de 15 jours s'il l'estime nécessaire. Donc il n'y a aucune dissuasion, a martelé la ministre. (...) Depuis plusieurs années, on répète que la prison est la seule dissuasion possible. (...) Mais en faisant cela, on a favorisé la récidive et on a créé de nouvelles victimes."

"Face aux victimes, je fais silence"

Confrontée au témoignage de la mère d’une victime, frappée par son agresseur qui selon elle n’était pas assez contrôlé, Christiane Taubira a refusé de commenter ce cas: "J'ai une règle: face aux victimes, je fais silence. Là, je cherche mes mots" "C'est trop facile", l'interrompt la mère.

"Je m'incline, c'est tout, poursuit la ministre. Elle est libre de ses choix. Je salue le courage qu'il faut pour venir témoigner. J'espère que sa fille ira bien. Je sais que l'on me rend coupable de tout, mais je l'accepte. Je n'ai pas souvenir que d'autres Garde-des-Sceaux aient eu ainsi à répondre des décisions de justice, mais je m'incline."

Avec Valls? "Rien d'anormal"

Revenant également sur sa relation avec Manuel Valls, Christiane Taubira a démenti toute discorde. "Ca fait plusieurs semaines qu'il y a un match sans joueurs et avec beaucoup de commentateurs. Nous sommes ministres avec des responsaiblités différentes, nous sommes tous les jours à la hauteur des enjeux", a-t-elle affirmé.

Et de poursuivre: "Lorsque vous voyez les images, vous croyez vraiment qu'on surjoue lui et moi? L'important c'est que nous fassions notre travail comme il faut. Nous nous parlons, nous nous téléphonons, nous rions, nous nous disons nos désaccords, je ne vois là rien d'anormal."

"Manuel Valls est plus populaire que moi, et alors ? Ca devrait me poser un problème ? La popularité, c'est le dernier de mes soucis. Que certains me détestent, je m'en accommode." Le message a eu le mérite d'être clair.

La ministre a conclu sur un trait d'humour, évoquant son caractère passionné: "tout ce que je fais, je le fais avec passion, a-t-elle déclaré. Même la vaisselle!"

A. K.