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Pour Valls, la compatibilité de l'islam et de la République reste à démontrer

"J'aimerais que nous soyons capables de faire la démonstration que l'islam (...) est fondamentalement compatible avec la République", explique le Premier ministre dans un long entretien à Libération, ajoutant "Moi, je suis convaincu que c'est possible".

Le Premier ministre Manuel Valls estime qu'il faut encore démontrer "que l'islam (...) est fondamentalement compatible avec la République", même si "une majorité (des Français) en doute", dans une interview à Libération à paraître mercredi.

"Aujourd'hui, la laïcité est confrontée à la montée de l'islam radical mais aussi à la place de l'islam dans nos sociétés. Je crois en mon pays, à son message et à ses valeurs universelles. J'aimerais que nous soyons capables de faire la démonstration que l'islam, grande religion dans le monde et deuxième religion de France, est fondamentalement compatible avec la République, la démocratie, nos valeurs, l'égalité entre les hommes et les femmes", affirme le Premier ministre.

Cette démonstration n'est donc pas faite ?

"Certains ne veulent pas y croire, une majorité de nos concitoyens en doute, mais moi, je suis convaincu que c'est possible", répond le chef du gouvernement. "C'est pour cela qu'il faut protéger -pro-té-ger- nos compatriotes de confession ou de culture musulmane de la stigmatisation, des actes antimusulmans", martèle-t-il.

Le "voile identitaire" vise "à nier" la femme

Interrogé sur ses propos sur le voile la semaine dernière, Manuel Valls maintient que le voile est un asservissement pour la femme "dès lors qu'il est revendiqué politiquement de manière militante".

Si le foulard ne se confond pas avec le voile traditionnel, "fondamentalement, je pense que ce voile identitaire, politique, revendiqué, en cachant la femme, vise à la nier", explique le Premier ministre. "Comment ignorer que les femmes subissent dans les quartiers populaires une pression culturelle faite de sexisme et de machisme?" s'interroge-t-il.

Quant à l’opportunité de faire une loi sur le voile à l’université, le chef du gouvernement affirme:

"Il faudrait le faire, mais il y a des règles constitutionnelles qui rendent cette interdiction difficile. Il faut donc être intraitable sur l’application des règles de la laïcité dans l’enseignement supérieur."

V.R. avec AFP