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Pour Collomb, les migrants font du "benchmarking" avant d'arriver en Europe

Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb.

Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. - Johanna Leguerre - AFP

Le ministre de l'Intérieur estime que certains migrants choisissent tel ou tel pays européen pour faire leur demande d'asile en fonction des critères et des délais d'obtention ou de refus. Nathalie Loiseau, la ministre des Affaires étrangères, a fait le même constat il y a quelques semaines, provoquant la polémique.

A l'occasion d'une audition par la commission des lois du Sénat, le ministre de l'Intérieur s'est livré à une sortie polémique en estimant que les migrants font une étude de marché quand ils arrivent en Europe en comparant les législations des différents pays avant de faire leur demande d'asile, choisissant celles qui seraient les plus "fragiles".

"Le Sénat aime beaucoup pour pouvoir trouver ses propres repères regarder les différentes législations européennes pour voir un peu comment on se situe par rapport aux autres pays européens. Il n’y a pas que le Sénat qui fait du benchmarking. Les migrants font un peu de benchmarking pour regarder les législations à travers l’Europe qui sont les plus fragiles", a estimé Gérard Collomb dans une séquence captée par Public Sénat.

"Honteux"

Le ministre de l'Intérieur était interrogé ce mercredi par le président de la commission des Lois au Sénat, Philippe Bas, sur l'efficacité de l'allongement du délai de rétention administrative des déboulés du droit d'asile, passant de 45 à 90 jours, prévu dans la loi Asile. Le locataire de Beauvau considèrent que certains migrants viennent en France "plutôt que de se faire rejeter plus vite que dans un autre pays". Citant alors pour exemple l'Allemagne, il assure que là où "on peine à traiter en trois ans (les demandes, NDLR)", dans d'autres pays "c'est traité en deux semaines".

Avant de conclure: "Les gens comparent un peu et se disent vaut mieux essayer d’aller dans tel pays."

Les déclarations du ministre de l'Intérieur ont provoqué la colère de la sénatrice Europe-Ecologie-les-Verts, Esther Benbassa, estimant que "ce vocabulaire a une fonction, occulter la réalité de la souffrance de l'exilé, qui serait finalement juste un consommateur et un expert en marketing". Sa collègue socialiste a qualifié de "honteux" la déclaration de Gérard Collomb. 

Le 10 mai dernier, c'est la ministre des Affaires européennes qui a crée la polémique en évoquant des migrants qui réaliseraient un "shopping de l'asile" en choisissant entre deux pays, comme on le ferait dans un magasin, pour faire leur demande d'asile. Une sortie assumée estimant qu'elle reflète "une réalité constatée et couramment utilisée par les spécialistes du régime européen de l'asile".
J.C.