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Policiers attaqués: Cazeneuve s'en prend aux "sauvageons"

Exhumer l'expression employée dès 1998 par Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l'Intérieur, pour qualifier les jeunes délinquants, est lourd de sens.

"Ils ont été attaqués par une bande de 'sauvageons' qui ont agi avec lâcheté", s'est emporté Bernard Cazeneuve lundi sur RTL, à propos de l'attaque perpétrée samedi à Viry-Châtillon contre des policiers postés pour une mission de surveillance près de la cité de la Grande-Borne. Il s'approprie ainsi une expression utilisée par Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses prédécesseurs à Beauvau. 

Deux des quatre policiers agressés ont été gravement blessés par des cocktails Molotov lancés à l'intérieur des véhicules dont les assaillants, une dizaine de personnes cagoulées, avaient auparavant brisé les vitres. Selon des témoins, l'agression a été "choquante" par sa très grande violence.

Le ministre de l'Intérieur se dit persuadé que, comme pour d'autres affaires similaires, "ces individus seront rattrapés, car la police judiciaire travaille bien, travaille vite".

Mais qui sont ces individus? A ce stade de l'enquête le ministre de l'Intérieur se retranche derrière une prudente réserve.

"Sauvageons", pour désigner qui?

Dans la bouche de Jean-Pierre Chevènement, les termes de "jeunes sauvageons" désignaient des mineurs multirécidivistes, coupables d'incivilités et de délinquance classique, la casse et le pillage pendant les manifestations par exemple, ou l'incendie de voitures sans occupants. Le ministre s'était vu reproché à sa gauche, une "stigmatisation" rampante des jeunes de banlieues.

Bernard Cazeneuve a précisé lundi matin le sens qu'il prête au vocable qui semble évoluer vers davantage de gravité. Il désigne, au risque d'un glissement sémantique lourd de sens, une catégorie de délinquants irrécupérables.

"Dans 'sauvageons', il y a sauvage. (...) C'est une véritable attaque barbare, sauvage, qui était destinée à tuer."

Le ministre qui rappelle "n'être pas chargé de l'enquête", affirme qu'il n'est pas en mesure de dire si les agresseurs des quatre policiers étaient mineurs ou non, jeune ou âgés.

Comme pour préventivement couper court à toute accusation de laxisme, Bernard Cazeneuve dit enfin vouloir "donner les moyens (aux forces de l'ordre pour) faire face à ces actes violents". Il précise aussi qu'"il y a tous les jours des trafiquants qui sont arrêtés dans des quartiers sensibles et notamment dans celui de la Grande-Borne".

David Namias