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Attaque aux cocktails Molotov de Viry-Châtillon: un témoin de la scène se confie à BFMTV

DOCUMENT BFMTV - Un témoin décrit l'attaque des quatre policiers, samedi près de la cité de la Grande-Borne dans l'Essonne. L'un des policiers est toujours entre la vie et la mort.

Il venait faire des courses dans ce quartier près de la cité Grande-Borne samedi, à Viry-Châtillon, vers 14h30. Un témoin de l'agression de quatre policiers en mission de surveillance s'est confié à BFMTV. Il souhaite garder l'anonymat. Deux des victimes ont été gravement blessées. Le pronostic vital du policier le plus gravement touché est encore engagé.

Il décrit tout d'abord la détermination des agresseurs dont l'hostilité ne fait aucun doute: "Je vois une dizaine de personnes cagoulées qui se dirigent directement vers les deux voitures de la police. Directement, ils cassent la vitre et jettent en même temps les cocktails Molotov dans les deux véhicules."

"Une policière a essayé de répliquer, elle s'est fait frapper"

Les témoins de la scène qui suit décrivent un chaos. Les policiers coincés pour certains dans leur voiture peinent à s'en extirper.

"Le policier le plus gravement brûlé a réussi à sortir de la voiture en courant, continue le témoin. Il restait la femme dans l'autre véhicule. Elle s'est fait brûler aussi. On essayé de faire sortir la policière. Une autre policière a essayé de répliquer, mais elle s'est fait frapper, donc elle est blessée aussi".

Selon notre témoin, l'agression a été très rapide, soit quelque deux minutes en tout. C'est surtout la violence de l'agression qui a choqué l'observateur. 

"C’était des êtres humains qui brûlaient. C’était choquant. Quand je vois les gens qui se dirigent vers les forces de l’ordre, pour moi, ces gens sont vraiment, vraiment déterminés. Ce sont des gens qui n’ont pas peur."

Plusieurs habitants ont tenté de mettre les policiers blessés et choqués à l'abri.

Deux blessés graves, dont un au pronostic vital réservé

Pour deux des victimes, les brûlures sont graves. L'adjoint de sécurité de 28 ans du commissariat de Savigny-sur-Orge, dans l'Essonne, est "très grièvement brûlé aux mains et sur l'ensemble du corps". Il a été plongé "dans un coma artificiel" à l'hôpital Saint-Louis à Paris et les médecins ne pourront se prononcer que "dans un délai de 48 heures", a précisé dimanche le procureur.

La gardienne de la paix de 39 ans, qui l'accompagnait dans la voiture prise d'assaut par une quinzaine d'individus, "est très grièvement brûlée aux mains et au visage". Elle se trouve également à l'hôpital Saint-Louis mais "son pronostic vital n'est pas engagé". Elle se verra prescrire au moins trois mois d'ITT (incapacité totale de travail), selon une source policière.

Les deux autres agents, une femme de 28 ans et un homme de 38 ans appelés en renfort, "fortement choqués par l'agression", ont pu quitter l'hôpital de Longjumeau et vont subir "une incapacité totale de travail de 21 jours", a poursuivi le procureur, confirmant des informations de source policière.

David Namias Julien Migaud Muller avec Nicolas de Labareyre et Nastsjia Passaris