BFMTV

Paris dénonce une tentative d'espionnage russe sur un de ses satellites en 2017

Athena-Fidus.

Athena-Fidus. - CNES

La Russie a-t-elle tenté d'espionner un satellite militaire franco-italien? La ministre des Armées l'affirme, depuis le Cnes.

Un satellite russe a tenté l'an dernier d'espionner un satellite franco-italien permettant des communications militaires sécurisées, a dénoncé vendredi la ministre française des Armées Florence Parly dans un discours consacré au secteur spatial de défense.

En 2017, "alors qu'Athena-Fidus continuait sa rotation tranquillement au-dessus de la Terre, un satellite s'est approché de lui, de près, d'un peu trop près", a raconté la ministre lors d'un déplacement au Centre national d'études spatiales (Cnes) à Toulouse. Or, "ce satellite aux grandes oreilles s'appelle Louch-Olymp, satellite russe bien connu mais un peu... indiscret", a-t-elle ajouté. 

Lancé en 2014, Athena-Fidus fournit des services de télécommunication haut débit par satellite pour les forces militaires françaises et italiennes, ainsi que pour la sécurité civile de ces deux mêmes pays.

"De tellement près qu'on aurait vraiment pu croire qu'il tentait de capter nos communications", a-t-elle ajouté. Or "tenter d'écouter ses voisins, ce n'est pas seulement inamical. Cela s'appelle un acte d'espionnage".

La France a-t-elle pris du retard?

"Ce satellite aux grandes oreilles s'appelle Louch-Olymp, c'est un satellite russe bien connu mais un peu... indiscret", a-t-elle poursuivi. "Nous l'avions vu arriver, et avons pris les mesures qui s'imposaient. Nous le surveillons attentivement, nous avons d'ailleurs observé qu'il continuait de manoeuvrer activement les mois suivants auprès d'autres cibles, mais demain, qui dit qu'il ne reviendra pas auprès d'un de nos satellites?", s'est-elle interrogée.

Les États-Unis ont récemment dénoncé "le comportement très anormal" d'un "objet spatial" déployé par la Russie en octobre 2017. La ministre Française a regretté pour sa part que la France n'ait pas pris conscience d'une militarisation de l'espace. "Depuis quelque temps, alors que nos voisins changeaient en partie la nature de l'espace, qu'avons-nous fait? Pas grand-chose, a-t-elle affirmé. Pas assez en tous cas. Non, nous ne sommes pas protégés contre ces menaces. Non, l'espionnage et les actes offensifs, ça n'arrive pas qu'aux autres. Oui, nous sommes en danger, nos communications, nos manœuvres militaires comme nos quotidiens sont en danger si nous ne réagissons pas", a prévenu la ministre française des Armées. Elle aussi souligné que "d'autres très grandes puissances spatiales déploient en orbite des objets intrigants, expérimentent des capacités potentiellement offensives, conduisent des manœuvres qui ne laissent guère de doutes sur leur vocation agressive". 

Le président Emmanuel Macron a annoncé son intention de définir l'an prochain pour la France "une stratégie spatiale de défense". Un groupe de travail du ministère des Armées doit rendre des propositions sur le sujet d'ici au mois de novembre.

D. N. avec AFP