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Nucléaire iranien : Paris "préoccupé" par les annonces de Téhéran et appelle à éviter toute "escalade" 

Les drapeaux français et européen sur le ministère des Affaires étrangères (Photo d'illustration).

Les drapeaux français et européen sur le ministère des Affaires étrangères (Photo d'illustration). - CLEMENS BILAN / AFP

L'Iran va cesser d’appliquer "certains" de ses engagements pris dans le cadre de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015. Une décision prise en réponse à la dénonciation unilatérale de ce pacte il y a un an par les États-Unis et à la réintroduction de sanctions américaines.

La France a fait part de sa "préoccupation" mercredi après la décision de Téhéran de s'affranchir d'engagements pris dans le cadre de l'accord nucléaire de 2015 et exhorté à éviter toute action susceptible de mener à une "escalade".

"La France note avec préoccupation ces déclarations", a réagi un porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué. "Elle appelle fermement l'Iran à continuer de respecter l'ensemble de ses obligations nucléaires".

Les Européens réfléchissent à d'éventuelles sanctions

"Il importe d'éviter toute action qui empêcherait la mise en oeuvre de leurs obligations par les parties aujourd'hui engagées dans l'accord ou qui alimenterait une escalade", a-t-il ajouté sans plus de précisions.

La ministre française des Armées Florence Parly n'a pas exclu que les Européens prennent des sanctions contre l'Iran si ce pays ne respectait plus ses engagements.

"Cela fait partie des choses qui seront examinées", a-t-elle déclaré sur BFMTV et à la radio RMC.

L'Iran a annoncé mercredi qu'il cessait de limiter ses réserves d'eau lourde et d'uranium enrichi, deux engagements pris dans le cadre de l'accord international sur son programme nucléaire de 2015, en réponse à la décision américaine de dénoncer unilatéralement ce pacte, il y a un an jour pour jour. Cet accord a également été signé par trois pays européens (France, Grande-Bretagne, Allemagne) ainsi que par la Russie et la Chine.

"La France déterminée à travailler" pour "la préservation et le maintien des circuits financiers"

Téhéran a aussi adressé un ultimatum aux Européens, leur donnant deux mois pour trouver une solution permettant de sortir réellement les secteurs pétrolier et bancaire iraniens de leur isolement provoqué par les sanctions économiques américaines, faute de quoi la République islamique renoncerait à d'autres engagements.

"La France reste déterminée à travailler en faveur de la préservation et du maintien des circuits financiers et des exportations de l'Iran, conjointement avec les pays tiers intéressés", a souligné le ministère français des Affaires étrangères.

Les Européens ont inauguré en janvier un mécanisme de troc pour permettre à l'Iran de continuer à commercer avec l'Europe dans certains domaines en contournant les sanctions américaines. Mais ce dispositif n'a pour le moment abouti à aucune transaction.

Jeanne Bulant avec AFP