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Manuel Valls se prépare pour... 2022

Manuel Valls, ici lors des questions au gouvernement à l'Assemblée, pourrait se lancer pour la présidentielle de 2022.

Manuel Valls, ici lors des questions au gouvernement à l'Assemblée, pourrait se lancer pour la présidentielle de 2022. - AFP

La présidentielle, le Premier ministre y pense. Mais, bloqué par les ambitions de François Hollande, il devrait plutôt privilégier celle de 2022.

Manuel Valls est-il prêt à entrer dans la course? Selon ses proches, le Premier ministre pense à la présidentielle. Il multiplie d'ailleurs les discours, les prises de position politiques et les petites phrases bien senties. Mais pour des raisons de timing, il ne se lancerait que pour le scrutin de 2022. "Je pense qu'il a la carrure et l'envergure pour prétendre aux plus hautes fonctions", a dit jeudi matin sur France Inter son ancienne ministre de la Culture Fleur Pellerin, qui fait partie de ses proches. "Le timing est compliqué pour 2017 mais oui, je le soutiendrais". 

Un "timing compliqué"? Si le chef du gouvernement a décidé de ne pas s'investir dans la bataille pour 2017, c'est parce qu'il est suspendu à la décision de François Hollande, auquel il se doit d'être loyal. Or le président de la République n'annoncera sa décision qu'en décembre. L'air de rien, en se laissant le temps d'officialiser sa décision, il empêche son rival de Matignon de se lancer.

Mais les indices sont concordants, et la candidature de François Hollande ne laisse que très peu de place au doute. "Hollande sera candidat, je ne peux pas y aller", a assuré lui-même Manuel Valls à l'un de ses amis, selon Le Monde. Exit donc 2017, mais 2022 reste dans son viseur. Une hypothèse également plébiscitée par sa garde rapprochée: au printemps dernier, le sénateur vallsiste Luc Carvounas confiait à Public Sénat avoir "toujours vu en lui notre candidat pour être, j'espère, en 2022, président de la République."

Le risque Macron

Pourtant, le Premier ministre examine avec soin la courbe de popularité de François Hollande, qui poursuit sa chute. Il regarde également les mauvais chiffres du chômage, puisque le Président a conditionné sa candidature à la baisse du chômage.

Doit-il s'apprêter à prendre la relève, au cas où François Hollande décidait finalement de ne pas y aller? Il se tient prêt pour parer à toute éventualité. Samedi 1er octobre, il a réuni ses proches pour un dîner à Matignon. Le sujet officiel était le futur conseil national du PS. Mais en réalité, rapporte Le Monde, la discussion n'a tourné qu'autour de la présidentielle et la stratégie à adopter.

Car pour Manuel Valls, la situation est risquée: à force de ne rien faire, il prend le risque de laisser Emmanuel Macron gagner du terrain. Certains parmi ses proches le poussent donc à se présenter, en agitant le risque de sa marginalisation. D'autres brandissent la possibilité d'un effondrement du PS, si la gauche venait à perdre en 2017. Pour Manuel Valls, le chemin est encore long. 

Ariane Kujawski