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Manuel Valls : "s'attaquer à cette mafia, à ce qui gangrène la société corse"

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls - -

Invité de France Inter mercredi matin, le ministre de l'Intérieur a réagi sur les dossiers chauds de la Corse, où un nouveau meurtre a été commis mardi, et le projet de loi antiterroriste adopté dans la nuit au Sénat.

Violences en série en Corse, menace terroriste d'un "ennemi intérieur" selon sa propre expression... Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a réagi mercredi matin sur France Inter aux dossiers chauds de la Corse, où un nouveau meurtre a été commis mardi, et le projet de loi antiterroriste adopté dans la nuit au Sénat. Retour sur ses déclarations.

Réaffirmer le rôle de l'Etat en Corse

Sur la Corse. Balayant d'entrée la critique d'un Etat "impuissant", Manuel Valls a annoncé une visite prochaine sur l'île "sans doute début novembre" en compagnie de Christiane Taubira. "Nous faisons face en Corse à une situation d'une extrême gravité, a-t-il fait valoir.
Il faut agir encore plus sur le terrain, pénétrer et destabiliser les réseaux affairistes et s'attaquer à cette mafia, à ce qui gangrène la société corse qui ne va pas bien."

"Il y a déjà beaucoup de moyens sur le terrain. Peut-être faut-il plus d'enquêteurs et de magistrats et plus de coordination, mais il y a déjà les structures et les moyens pour y arriver", a assuré le ministre de l'Intérieur.

"Je souhaite adresser un message d'espoir à la Corse, je veux dire aux Corses que l'Etat et le gouvernement sont mobilisés pour éradiquer la violence", a-t-il conclu.

Christiane Taubira sur la même ligne. Invitée au même moment sur RTL, la ministre de la Justice a également défendu l'action de l'Etat en Corse. "Non nous n'avons pas ce sentiment d'impuissance, mais nous avons une forte lucidité, sur les imbrications, les réseaux, la difficulté, les croisements d'antagonismes, de divergences, de contentieux, de vieux restes d'affrontement", a-t-elle fait valoir.

Une "réorganisation" des services de renseignements français

Sur le terrorisme. "Il y a des cellules, des réseaux, qui naissent sur le territoire français. Il s'agit de Français convertis et qui, de manière très rapide, basculent dans ce processus de radicalisation qui les amène à la haine et dans laquelle se mêle cet antisémitisme", a expliqué Manuel Valls alors qu'on lui demandait de préciser ce qu'il avait entendu avec l'expression "ennemi intérieur".

Cette menace, le ministre de l'Intérieur entend la prendre très au sérieux et a évoqué une "réorganisation" des services de renseignements français afin d'"être plus présents sur le terrain".

"Quand il y a eu des meurtres, c'est qu'il y a eu des failles et il faut en tirer des leçons", a-t-il fait valoir en évoquant l'affaire Merah.

Le retour du matricule des policiers


Sur les contrôles d'identité abusifs. Si le récépissé est bel et bien enterré, le ministre de l'Intérieur a toutefois avancé une nouvelle mesure pour permettre selon lui de lutter contre les contrôles abusifs. "Les policiers porteront un élément d'identification, sur leur uniforme ou sur leur brassard, bref le retour du matricule, parce qu'on a besoin de cet élément d'identification", qui avait disparu "quand on a changé les uniformes, c'était sous un ministre de gauche, puisqu'il s'agissait de Pierre Joxe", a-t-il dit.