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Macron exhorte ceux qui bloquent les raffineries à laisser "avancer" la France "qui travaille"

"Il y a une France qui travaille, une France qui produit, une France qui croit en son avenir et il faut la laisser avancer", explique le ministre de l'Economie à l'adresse des opposants à la loi Travail qui bloquent les raffineries.

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a appelé lundi les opposants à la loi travail qui bloquent les raffineries à "laisser avancer (...) une France qui travaille, une France qui produit, une France qui croit en son avenir".

"Le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur se sont exprimés sur ce sujet avec la plus grande fermeté et je crois qu'ils ont raison. On peut avoir des désaccords dans une société démocratique" mais "en aucun cas les violences ne sont acceptables, et en aucun cas vouloir bloquer l'économie pour penser avoir plus de capacité à se faire entendre n'est acceptable", a déclaré Emmanuel Macron, interrogé par la presse dans la cour de l'Elysée, à l'issue d'une réunion sur "la nouvelle France industrielle".

"Il y a une France qui travaille, une France qui produit, une France qui croit en son avenir et il faut la laisser avancer", a ajouté le locataire de Bercy.

"Un chantage au carburant", pour Valls

Manuel Valls, en déplacement en Israël, a appelé lundi les Français "à ne pas céder à la panique" face aux difficultés éprouvées par les automobilistes à s'approvisionner en carburant, avec les blocages de raffineries.

"La situation est très difficile, très désagréable pour nos concitoyens", a-t-il déclaré.

Face à une consommation moyenne de carburant multipliée par trois ce week-end, il a salué "l'effort très important" des distributeurs qui réalimentent les stations, "en ciblant celles qui en avaient le plus besoin". Le Premier ministre s'est voulu rassurant, estimant que "la situation est sous contrôle". Avec fermeté, il a assuré que le gouvernement "ne (pouvait) accepter aucun chantage au carburant mettant en difficulté nos usagers ou notre économie".

"Les forces de l'ordre interviennent depuis vendredi, et nous continuerons d'agir pour débloquer la situation", a-t-il affirmé, ajoutant que "d'autres dépôts seront libérés, autant que nécessaire". "On fera en sorte qu'il n'y ait pas de pénurie pour les usagers comme pour les entreprises", a conclu Manuel Valls.

5 raffineries sur 8 à l'arrêt

Cinq des huit raffineries françaises étaient lundi "à l'arrêt ou en cours d'arrêt" en raison des actions de protestation contre le projet de loi Travail, selon des sources CGT citées par l'AFP. "Seules deux raffineries Esso continuent de marcher: celle de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) et celle de Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime)", a précisé Emmanuel Lépine, secrétaire fédéral de la branche pétrole de la CGT, ajoutant que la raffinerie de Grandpuits-Bailly-Carrois (Seine-et-Marne), "en grève reconduite de 72 heures, empêchant toute sortie de produits pétroliers", n'était pas à l'arrêt.

Par ailleurs, plusieurs des 189 dépôts de carburant, dont une cinquantaine ont une capacité de plus de 10.000 m3, qui étaient bloqués par les salariés du secteur depuis plusieurs jours, ont été débloqués par les forces de l'ordre, a confirmé à l'AFP Eric Sellini, coordinateur CGT du groupe Total, sans toutefois pouvoir fournir un nombre précis de dépôts bloqués en France.

la rédaction avec AFP