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Loi Travail: Valls ne décolère pas contre les jeunes socialistes

Le Premier ministre Manuel Valls entouré de militants du MJS, après un discours à Nogent-sur-Marne, le 3 mai 2014.

Le Premier ministre Manuel Valls entouré de militants du MJS, après un discours à Nogent-sur-Marne, le 3 mai 2014. - Jacques Demarthon - AFP

Le Premier ministre est exaspéré par les militants du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) qui appellent à défiler contre le projet de loi El Khomri.

Ambigües, les relations entre le MJS et le pouvoir socialiste se sont envenimées avec la loi Travail. Historiquement proches du PS, mais autonomes du parti depuis 1993, les Jeunes socialistes sont allés manifester mercredi dernier contre le texte, une première sous un gouvernement de gauche.

Lundi, après la présentation par le Premier ministre Manuel Valls de la nouvelle mouture du projet de réforme du Code du Travail, le MJS a salué dans un communiqué "un premier pas". Mais, soulignant "des désaccords" persistants, a annoncé participer "aux rassemblements prévus ce jeudi (17 mars, NDLR) pour faire progresser les protections des salariés et conquérir de nouveaux droits pour les jeunes", aux côtés notamment de l'Unef, le principal syndicat étudiant.

"Des petits cons"

Une attitude qui ne passe pas auprès du chef du gouvernement, qui estime que les jeunes manifestants de gauche ne sont pas représentatifs de la jeunesse, indique Le Parisien ce mercredi.

"Ce sont les mêmes qui viennent chercher leur petit chèque rue de Solférino et qui ensuite nous crachent dans le dos!", aurait lâché en petit comité un ministre proche de Manuel Valls, selon le journal.

La dernière université d'été du PS, en août dernier à La Rochelle, avait déjà mis en lumière les tensions entre Manuel Valls et ces jeunes militants de gauche. Au surlendemain d'une sortie du ministre de l'Economie Emmanuel Macron sur les 35 heures qui avait mis le feu à la majorité, le Premier ministre avait été accueilli au cri de "Macron démission" et sous les sifflets à la soirée des Jeunes socialistes.

Exaspéré, Manuel Valls aurait alors évoqué, en privé, une "organisation à la dérive, manipulée par Jean-Luc Mélenchon", selon des propos rapportés par Le Canard Enchaîné

"Des petits cons", aurait-il même lancé à leur propos, après avoir donné deux calottes à un militant, d'après Le Parisien.

"C'est le MJS qu'il faudrait dissoudre!"

Le quotidien rapporte d'autres petites phrases traduisant un agacement de longue date contre le mouvement, auquel le Premier ministre a pourtant adhéré en 1980 avant de rejoindre l'Unef en devenant étudiant à la fac de Tolbiac.

"Maintenant, c'est le MJS qu'il faudrait dissoudre!", aurait plaisanté, à l'été 2013, alors qu'il venait d'interdire des groupuscules d'extrême droite, celui qui n'était encore que ministre de l'Intérieur.

"Moi je suis ministre, pas président du MJS", aurait-il répliqué quelques mois plus tard aux demandes d'explications des Jeunes socialistes après la reconduite à la frontière de la jeune Leonarda.

"On n’a jamais été dans une grande relation d’amour avec Matignon", concède-t-on auprès de BFMTV.com du côté du MJS, tout en disant entretenir de bonnes relations avec l'Elysée.

V.R.