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Le don d’ovules étendu aux femmes sans enfant

La préparation d'ovocytes en hotte stérile, dans un laboratoire.

La préparation d'ovocytes en hotte stérile, dans un laboratoire. - Marcel Mochet - AFP

Seuls les adultes ayant déjà eu des enfants pouvaient faire un don jusqu'à présent. Mais pour tenter de résorber la pénurie de dons, la France a décidé d'assouplir les textes.

Désormais, tout adulte pourra donner anonymement, s'il le souhaite, ses ovocytes ou ses spermatozoïdes. La ministre de la Santé Marisol Touraine a annoncé qu'elle avait décidé d'élargir ce type de don aux personnes sans enfants, face à la pénurie à laquelle sont confrontés les couples infertiles, dans une interview jeudi au quotidien Ouest France.

Le don de gamètes - ovocytes et spermatozoïdes - jusque-là réservé aux adultes en bonne santé ayant déjà eu des enfants va être élargi "à des personnes adultes qui n'ont pas d'enfants", explique la ministre. 

Un décret en ce sens doit être publié au Journal Officiel ce jeudi. "La loi permet de conserver (par congélation, ndlr) des gamètes au profit des donneurs, mais le décret rappelle qu'ils ne pourront être utilisés par ces derniers que s'ils sont devenus eux-mêmes infertiles", ajoute la ministre.

Le don d'ovocytes n'altère pas la fertilité

La France manque de dons, surtout d'ovocytes. "Cette année, il nous faudrait 1.200 donneurs : 900 femmes, 300 hommes, or nous n'avons que 450 dons d'ovocytes et 260 de spermatozoïdes", souligne-t-elle. "Pour éviter toute démarche qui ne serait pas volontaire ou suffisamment éclairée", une consultation préalable avec un psychologue sera "obligatoire" pour ceux qui ne sont pas parents, précise la ministre, ce qui permettra de vérifier que le candidat donneur n'est pas soumis à des pressions.

La ministre souligne, en outre, que "donner ses ovocytes, alors qu'on n'a pas eu d'enfants, n'altère pas sa propre fertilité." Désormais même sans avoir eu d'enfant, une femme qui a entre 18 et 37 ans peut donner ses ovocytes et un homme qui a entre 18 et 45 ans peut donner ses spermatozoïdes.

Les délais d'attente oscillent entre un et quatre ans

Mais le don d'ovocytes reste un acte encore méconnu et peu répandu en France malgré plusieurs campagnes d'information. Selon l'agence de la Biomédecine, près de 200 enfants naissent chaque année en France grâce à ces dons. Au point que les délais d'attente pour les couples infertiles demandeurs atteignent aujourd'hui entre un et quatre ans selon les centres, contraignant de nombreux d'entre eux à se tourner vers l'étranger et notamment l'Espagne.

La mesure annoncée par la ministre devrait permettre d'augmenter le nombre des donneuses et d'abaisser leur âge moyen qui oscille aujourd'hui aux environs de 32 ans, selon le Dr Hélène Letur, co-présidente du Groupe d'Etude pour le Don d'Ovocytes (GEDO). Cette avancée en faveur des dons de gamètes, assure la ministre, ne remet pas en cause les principes du don qui reste anonyme, gratuit et librement consenti, comme pour les dons d'organes ou de sang. 

la rédaction avec AFP