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ISF: l'opération transparence de Macron

Emmanuel Macron, le 14 mars 2016.

Emmanuel Macron, le 14 mars 2016. - Patrick Kovarik - AFP

Le ministre de l'Economie a publié un post sur Facebook pour "rétablir la vérité", quelques jours après les informations diffusées par le Canard enchaîné et Mediapart selon lesquelles il était assujetti à l'impôt sur la fortune après avoir été contraint de réévaluer un bien immobilier.

Il s'est fendu d'un billet sur Facebook pour "rétablir la vérité". Emmanuel Macron, qui il y a quelques jours s'était dit "blessé" par "des attaques injustes" après les révélations de presse sur son patrimoine, s'est décidé à faire une mise au point sur le réseau social ce lundi.

Après la publication, fin mai, par Le Canard enchaîné et Mediapart d'informations selon lesquelles il allait devoir payer l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) de façon rétroactive après avoir été contraint de réévaluer un bien immobilier, le ministre de l'Economie se défend d'avoir rien dissimulé au fisc ou d'avoir sous-évalué son patrimoine pour y échapper.

Le locataire de Bercy indique que le problème a porté sur l'évaluation de la maison de famille de son épouse au Touquet. Il explique qu'un expert indépendant auprès de la cour de la Cassation l'a estimée à 1,2 million d'euros alors que l'administration fiscale a arrêté sa valeur à 1,45 million, ce qui l'a conduit à franchir le seuil d'imposition à l'ISF.

"Compte tenu de mes fonctions, j'ai accepté cette évaluation administrative et j'ai renoncé à engager plus avant les discussions (...) il n'était pas envisageable pour moi, comme ministre, d'entamer un dialogue plus long voire une action contentieuse contre l'administration", fait valoir Emmanuel Macron.

Il se défend d'avoir "fait l'objet d'un redressement fiscal"

L'ancien banquier d'affaires de Rothschild, entré au gouvernement en août 2014 après avoir occupé pendant deux ans le poste de secrétaire général adjoint de l’Élysée, n'était jusque-là pas assujetti à l'ISF, payé par les ménages disposant d'un patrimoine supérieur à 1,3 million d'euros.

Le 18 septembre 2015, "j'ai donc procédé au règlement d'un ISF, pour les années 2013 et 2014, respectivement de 4.174 euros et 2.264 euros", précise Emmanuel Macron.

"Il est donc faux de dire que j'aurais fait l'objet d'une procédure de redressement fiscal, car c'est une régularisation que j'ai moi-même effectuée", ajoute-t-il, assurant que sa situation a été intégralement exposée et mise à jour dans ses déclarations d'intérêts à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique.

"Des propos faux" visant à le "discréditer"

Et Emmanuel Macron de s'étonner que "que près de neuf mois plus tard, ces échanges aient été 'révélés' le même jour et au même moment par deux titres de presse différents".

Le jeune ministre, qui cultive le mystère sur ses réelles intentions pour l'élection présidentielle de 2017, estime que ces "doutes, soupçons, et accusations" ont été propagés "volontairement" par certains. "Des propos qui sont faux circulent pour me discréditer", dénonce-t-il.

"La vie politique peut être le théâtre de désaccords. Je les ai toujours assumés et continuerai à me battre pour mes idées, y compris sur le terrain. Mais la vie politique n’est pas une jungle où tout peut être dit pour salir, où le soupçon remplace la transparence et où les indispensables contre-pouvoirs deviennent un autre pouvoir lui-même intouchable", conclut Emmanuel Macron.

Coïncidence? La semaine dernière, l'Assemblée nationale a voté de nouvelles règles en matière de vérification de la situation fiscale des membres du gouvernement, dans le cadre de l'examen du projet de loi "Sapin II", en prévoyant qu'en cas d'anomalie, le président et le Premier ministre seraient prévenus. 

V.R.