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"Il nous a bien secoué la gueule": après le séminaire gouvernemental, Macron resserre la vis

Le président de la République Emmanuel Macron, le 1er mai 2019 lors de sa 1ère conférence de presse à l'Elysée.

Le président de la République Emmanuel Macron, le 1er mai 2019 lors de sa 1ère conférence de presse à l'Elysée. - Ludovic Marin - AFP

Le chef de l'Etat a exigé du concret et de l'action de la part des parlementaires et de ses ministres, réunis en séminaire gouvernemental ce lundi.

Le président resserre la vis. Emmanuel Macron n'a pas vraiment apprécié l'ambiance du séminaire gouvernemental à l'issue de ses annonces, décrite comme digne d'un "goûter à la campagne", selon des informations de RTL confirmées par BFMTV.

"Il nous a bien secoué la gueule", a confié un membre du gouvernement au micro rouge. "Ce n'était pas un coup de gueule mais une demande de changement de braquet et de méthode avec plus de terrain", tempère un autre.

"C'était convivial mais studieux, je n'ai pas perçu ça comme un moment de vacances", se défend auprès de BFMTV un de leurs collègues. "On n'est pas restés trois heures à table", assure-t-il.

"On a quand même débroussaillé des trucs"

"Peut-être que le président de la République aurait voulu que ce soit plus concret, plus d’avancées", concède-t-il. "On a quand même débroussaillé des trucs, mais c'est difficile de transformer instantanément des arbitrages", fait valoir ce ministre.

"J'ai dit que rien ne serait plus comme avant donc je veux que rien ne soit plus comme avant", a toutefois tonné le président devant les parlementaires. "Il faut que ce que l’on décide se fasse, que ce que l’on fait se voit, que vous alliez sur le terrain", a-t-il exigé, selon nos informations.

Pour un ministre interrogé par BFMTV, Emmanuel Macron ne "veut pas qu'(ils) se réinstallent dans le train-train".

"Oui, il met la pression", admet-il, jugeant toutefois que ce n'est "pas plus mal".

Selon cette source, la pression est plus forte sur le gouvernement, car les ministres ont été proposés par le Premier ministre, au contraire des députés élus par la nation. Mardi, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a déclaré que le chef de l'Etat souhaitait voir l'action publique et celle des ministres évaluées "directement" par les citoyens à l'avenir. 

"A cette fin, une nouvelle partie du conseil des ministres sera créée et permettra de loger des comptes rendus autant que de besoin de l'action des ministres sur les chantiers désignés comme prioritaire", a-t-elle ajouté.
Agathe Lambret avec Liv Audigane