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Hollande, Ayrault et la rengaine du remaniement

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault - -

Le Premier ministre a réagi en arrivant à la réunion de groupe socialiste à l'Assemblée nationale aux propos du député socialiste qui demandait un remaniement ministériel à François Hollande. Cette stratégie n'aurait pas dans l’immédiat les faveurs du chef de l'Etat.

"Ma tâche est difficile à accomplir mais rien ne m'impressionne". Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a préféré prendre de la hauteur au lieu de répondre frontalement au député PS Malek Boutih, qui a réclamé son départ de Matignon. "C'est pas l'autodénigrement ou l'autodestruction. C'est pas le problème quand c'est un individu qui s'en charge", a-t-il expliqué.

"Je n'ai aucun doute sur le soutien des parlementaires socialistes (...) comme du soutien de toute la majorité", a-t-il ajouté à son arrivée à l'Assemblée nationale à l'occasion de la réunion des députés du groupe socialiste. Jean-Marc Ayrault a été applaudi chaleureusement par des parlementaires à son arrivée, ont confié plusieurs présents.

"Les attaques contre le Premier ministre sont contre nous", a prévenu le chef de file du groupe PS, Bruno Le Roux, cité dans un tweet du député Yann Galut. "Malek Boutih aurait mieux fait de s'abstenir", a commenté l'ex-ministre Daniel Vaillant devant la presse, avant le début de la réunion.

"Le dialogue est rompu"

"Le gouvernement semble à la fois être devenu sourd et ne plus être entendu. Le dialogue est rompu. Il faut envoyer un signal d'urgence aux Français afin de rétablir le dialogue. Cette urgence doit se traduire par un remaniement gouvernemental. Oui, il faut remplacer le Premier ministre d'urgence", avait déclaré Malek Boutih au Parisien.

Ce matin, il a confirmé avoir "simplement exprimé quelque chose que d'autres disent dans les couloirs. [...] Je n'ai rien dit d'extraordinaire".

"Ce qui me préoccupe, c'est le rassemblement de toutes les forces les plus avancées qui ont comme objectif à la fois le progrès, le redressement de la France, mais aussi les valeurs de la République, c'est ça qui est aujourd'hui au coeur même du combat que nous avons à mener", a souligné Jean-Marc Ayrault.

Le serpent de mer du remaniement

Il y a deux semaines, et alors que François Hollande battait déjà des records d'impopularité, le Journal du Dimanche affirmait que plusieurs poids lourds du PS rencontraient le chef de l'Etat à l'Elysée. Les noms de François Rebsamen, Gérard Collomb, Bertrand Delanoë ou encore Ségolène Royal revenaient avec insistance.

La maire de Lille, Martine Aubry, qui déjeunait ce mardi à l'Elysée au sujet de La Redoute, est également préssentie pour sa capacité à représenter "les valeurs de gauche", selon un récent sondage. Quant au ministre de l'Intérieur Manuel Valls, il continue de jouir d'une cote de popularité impressionnante. Mais l'un et l'autre ne sauraient satisfaire l'ensemble de l'électorat de François Hollande.

Enfin un remaniement trop rapide, avant que les premiers effets de la politique menée ne soient visibles, que la courbe du chômage s'inverse ou que la croissance reparte, serait voué à l'échec. De plus, en cas de lourds échecs électoraux - municipales et européennes en 2014 - il ne serait plus possible de tenter ce pari pour redresser la situation.

S. A.