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Ghosn : un "geste indécent" pour Joly

Eva Joly, jeudi matin, sur le plateau de BFMTV.

Eva Joly, jeudi matin, sur le plateau de BFMTV. - -

Le PDG de Renault a annoncé qu'il allait réduire une partie de sa rémunération dans le cadre d'accords avec les salariés. Les réactions sont mitigées.

Pour faciliter la signature d'accords de compétitivité avec les syndiats, le PDG de Renault a annoncé jeudi le report à 2016 de 30% de sa rémunération variable. Un effort qui avoisinerait les 430.000 euros... Mais une goutte d'eau par rapport à son salaire réel.

Ainsi, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a aussitôt jugé sur Europe 1 que ce geste allait certes "aider", mais n'était "pas suffisant" pour permettre de finaliser l'accord de compétitivité négocié par le constructeur.

Pour lui, cette mesure doit s'accompagner d'une "politique de relocalisation sur le sol français" la "production d'un grand nombre de ses véhicules".

"Combattre les salaires indécents"

Quant à la députée Europe Ecologie - Les Verts Eva Joly, invitée jeudi matin de BFMTV et RMC, elle a eu une réaction plus dure, mettant en parallèle cette actualité avec le suicide d'un chômeur en fin de droits, mercredi, devant une agence Pôle emploi de Nantes.

"C'est indécent, a-t-elle fustigé. Quand on connaît la rémunération de ce dirigeant... Face aux chômeurs en fin de droits qui s'immolent devant les agences Pôle emploi, on voit bien que ces inégalités-là sont devenues insupportables dans notre pays. Il faut s'attaquer aux injustices, à la finance et aux salaires indécents."

"Provocation permanente"

Quant au délégué CGT de l'usine Renault de Flins, il va dans le même sens. "Il se moque du monde, a déclaré Ali Kaya, jeudi matin sur France Info. En réalité, il va passer son salaire journalier de 36.000 à 26.000 euros. Il ne touchera 'que' 26.000 euros par jour", a-t-il noté.

Le secrétaire général de F.O., Jean-Claude Mailly, a renchéri sur RFI : "Ca ne va pas le perturber sur l'ensemble de ses gains, il ne verra même pas la différence !"

Le dirigeant syndical a estimé que Carlos Ghosn faisait "de la provocation en permanence" : "C'est une proposition qui me fait sourire. Autant il y a des négociations qui avancent chez Renault, mais ce n'est pas à lui directement de dire 'attendez, si vous signez, je vais faire un effort' !", a-t-il jugé.