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Féminicides: Nicole Belloubet veut "des actions coup de poing beaucoup plus fortes"

Invitée de BFM Politique ce dimanche, Nicole Belloubet est revenue sur les mesures pour lutter contre les violences conjugales alors que 74 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex depuis le début de l'année.

Grenelle des violences conjugales, "bracelet anti-rapprochement" ou "téléphone grave danger"… Nicole Belloubet a appelé ce dimanche sur le plateau de BFM Politique à renforcer les moyens de lutte contre les violences conjugales. "Il faut vraiment que nous ayons des actions coup de poing beaucoup plus fortes", a déclaré la ministre de la Justice.

Bracelets "anti-rapprochement"

Depuis le début de l'année, au moins 74 femmes sont mortes tuées par leur conjoint ou ex-compagnon, selon un collectif. Samedi, entre 1200 personnes, selon la police, et 2000 personnes selon les organisateurs, se sont réunies pour alerter sur cette situation et réclamer des mesures immédiates. Le Président a lui-même partagé un message sur Facebook dans la soirée. Il a égrené les prénoms d'une cinquantaine de victimes, avant de reconnaître: "Mesdames, la République n'a pas su vous protéger."

"Ce qui me frappe c’est la question de l’effectivité. Nous disposons d’outils mais la chaîne se grippe à certains moments. Il faut comprendre pourquoi et il faut comprendre vite", a également reconnu la garde des Sceaux sur notre plateau. "J'ai demandé une mission d'inspection pour qu’on puisse faire un retour d’analyse sur des dossiers classés des années 2015, 2016, 2017 pour voir là où on aurait dû mieux faire", a-t-elle ajouté.

Un "grenelle des violences conjugales"

Parmi les mesures évoquées, Nicole Belloubet a plaidé pour la généralisation des bracelets "anti-rapprochement". Ce dispositif équipé d'une puce GPS permet de tenir à distance les conjoints violents.

"Nous disposons d’un système qui ne fonctionne pas très bien parce qu’il est trop limité (…). Actuellement, nous ne pouvons en disposer que quand les personnes ont été condamnées. Je vais prendre un nouveau texte qui permettra d’étendre ce dispositif avant la condamnation au pénal ou au civil", a affirmé la ministre, qui espère voir ce nouveau texte adopté à l'automne.

La garde des Sceaux a également cité en exemple l'Espagne, qui délivre chaque année "10.000 ordonnances de protection" contre 3000 en France. Par ailleurs, elle veut améliorer l'utilisation des téléphones "grave danger". "Parce qu'ils s'appellent téléphones 'grave danger', il y a des fluctuations sur la notion de 'grave danger', ce qui n'est pas acceptable", a-t-elle martelé

"Pas assez vite"

Toutes ces mesures seront passées au peigne fin lors du grenelle des violences conjugales annoncé par Marlène Schiappa ce dimanche dans le JDD.

"Le grenelle va nous permettre de faire un bilan de ce qui a été accompli, et surtout de mesurer la marge qu’il y a entre ce qui est déjà mis en œuvre et le gap que nous devons franchir pour que les choses deviennent effectives", a assuré la ministre de la Justice.

"L'Etat n'est pas là à ne rien faire, mais, nous ne faisons pas assez, et surtout pas assez vite", a-t-elle admis.

Benjamin Rieth