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Fabius sur la Centrafrique: "Les choses vont aller très vite "

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Invité jeudi matin sur BFMTV, Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, a annoncé que l'intervention de la France en Centrafrique n'est plus qu'une question de jours.

Invité jeudi matin de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV, Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, a prédit que la résolution sur la Centrafrique sera adoptée à l'unanimité à l'ONU dans la journée de jeudi. "Cette 2e résolution autorise l'usage de la force. La France est autorisée à venir en appui, pour éviter les drames humanitaires épouvantables, pour retablir la sécurité, puis pour assurer une transition démocratique".

L'annonce de l'intervention officielle française aura lieu dans quelques jours, sur décision de François Hollande. "Il y a eu dans ces dernières semaines une amplification [des violences, NDLR], ça prend un tour religieux extrêmement grave qui n'est pas dans la tradition de la Centrafrique", s'inquiète Laurent Fabius.

Au total, 1.200 soldats français vont se déployer en Centrafrique. "Dès que le président de la République va donner le top, les choses vont aller très vite", confirme Laurent Fabius.

"La France a sauvé le Mali"

Sur BFMTV, Laurent Fabius revendique le succès militaire de la France au Mali: "Le Mali était quasiment mort. La France est intervenue, elle a sauvé le Mali, ça a permis un rétablissement démocratique. Maintenant c'est aux Maliens d'agir, la France ne soutient aucun groupe, elle n'a pas à se mêler de ça".

A l'inverse, le ministre des Affaires étrangères se montre critique sur les suites de l'intervention en Libye, qui vient d'instaurer la charia. "La Libye c'est un gros problème: ce n'est pas vraiment un Etat", déplore Laurent Fabius. "Ce sont des tribus, avec des armes considérables, le reste de Kadhafi. Il aurait fallu assurer le suivi, ce qui n'a pas été fait". Une critique voilée de la politique de Nicolas Sarkozy.

Interrogé sur la situation en Ukraine, Laurent Fabius rappelle que "ce n'est pas un coup d'Etat. La question est de savoir si l'Ukraine passe un accord d'association avec l'Union Européenne. Les Russes ont fait pression sur M. Ianoukovitch, le président ukrainien. Une partie de la population n'est pas d'accord, c'est à l'Ukraine, aux Ukrainiens de décider ce qu'ils veulent faire. L'Ukraine peut très bien se rapprocher de l'UE sans devenir un adversaire de la Russie. M. Poutine a une vision un peu plus univoque".

"Il faut alléger les dépenses"

Depuis son arrivée au Quai d'Orsay, Laurent Fabius s'évertue à garder le silence sur l'action du gouvernement dès lors qu'elle ne concerne pas son portefeuille ministériel.

Mais jeudi matin sur BFMTV, le ministre des Affaires étrangères s'est laissé aller à quelques conseils sur la réforme fiscale: "Si on veut alléger les impôts, il faut alléger les dépenses. S'il y a une marge, alors il faut alléger un certain nombre d'impôts en essayant d'être juste. J'étais ministre de l'Economie en 2000. Depuis, nos entreprises ont reculé, elles sont moins compétitives. Si on veut les rendre plus compétitives, il faut alléger leurs impôts. Nous avons de nouveaux concurrents, la Chine elle est là, l'Inde est là".

Et si François Hollande lui proposait le poste de Premier ministre? "Je l'ai déjà été, je sais ce que c'est", sourit Laurent Fabius, "et je suis très bien où je suis pour mener la politique extérieure de la France".

A.L.M.