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En visite à Prague, Valls tacle Merkel

Les récentes déclarations d'Angela Merkel ne sont pas au goût de Manuel Valls .

Les récentes déclarations d'Angela Merkel ne sont pas au goût de Manuel Valls . - Michal Cizek - AFP

"Avant de regarder à l'extérieur il vaut mieux regarder y compris dans son propre pays", a lancé mardi Manuel Valls, dans une pique adressée à la chancelière allemande Angela Merkel, qui juge insuffisantes les réformes engagées en France.

Il n'a pas lancé un "Fermez-là" façon Jean-Luc Mélenchon, mais la signification pourrait bien être la même. Quand Angela Merkel juge insuffisantes les réformes engagées en France et en Italie, la remarque ne passe pas à Matignon.

"Avant de regarder à l'extérieur, il vaut mieux regarder y compris dans son propre pays", a ainsi lancé Manuel Valls, mardi, dans une pique adressée à la chancelière allemande.

Lors d'une conférence de presse à Prague, le Premier ministre en déplacement en République tchèque a rappelé que son gouvernement n'avait pas cédé devant la grève à Air France, et que la presse était plus prompte à rapporter les mouvements français que ceux qui touchent les transports allemands. "Je le dis notamment pour ceux éventuellement qui s'inquiètent du niveau de réforme en France", a-t-il ajouté.

Valls relie ces propos au congrès de la CDU

Lundi, déjà, le chef du gouvernement avait ironisé sur le timing de ces déclarations fracassantes de la chancelière, rapporte Le Figaro.fr. Pour lui, ces mots ne peuvent être déconnectés du contexte allemand. Manuel Valls y voit un effet du congrès de la CDU, le parti conservateur d'Angela Merkel, qui doit se tenir mardi et mercredi et lors duquel la chancelière doit être confirmée par les trois mouvements qui compose son alliance. "Je crois qu'il y a dans quelques jours un congrès (de la CDU, Ndlr) en Allemagne. Il y a peut-être un lien entre telle ou telle déclaration", a-t-il lâché devant la presse.

"Disciplines appliquées sans intelligence"

A Prague, Manuel Valls a de nouveau défendu le choix de la France de repousser son retour dans les clous budgétaires européens, en jugeant que l'Europe ne devait pas se réduire à des "disciplines appliquées sans intelligence", ce qui doit également gratter les oreilles d'Angela Merkel.

"Elle ne peut pas, l'Europe, se réduire à la seule contrainte, à des disciplines appliquées sans flexibilité, sans intelligence, et sans tenir compte du contexte exceptionnellement difficile que tous nos pays traversent", a plaidé le chef du gouvernement à l'occasion d'un discours devant le premier forum économique franco-tchèque.

K. L.