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Discours de politique générale, projet de loi Covid-19: ce que l'on sait de l'agenda de Borne

La Première ministre Elisabeth Borne le 14 juin 2022 à Paris

La Première ministre Elisabeth Borne le 14 juin 2022 à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Après des jours de flottement, la Première ministre se veut à la manœuvre avec son discours de politique générale devant le Parlement attendu mercredi prochain, avant de présenter ses premiers projets de loi. Mais la tenue d'un vote de confiance, au résultat très incertain, semble s'éloigner.

Après des jours d'un gouvernement à l'arrêt, sans conseil des ministres depuis 3 semaines, avec des figures qui semblent tétanisées, Élisabeth Borne compte bien reprendre la main.

À l'agenda: son discours de politique générale. D'abord annoncé pour mardi 5 juillet, il aura finalement lieu le mercredi 6 juillet à 15h devant l'Assemblée nationale, puis à 21h devant le Sénat.

Covid-19 et pouvoir d'achat

Le premier texte qui devrait être examiné par le Parlement sera le projet de loi sanitaire permettant le maintien de "mesures de freinage" du Covid-19 à partir du 11 juillet.

Le projet de loi pouvoir d'achat, par lequel le gouvernement voulait d'abord commencer, arrivera, lui, le 18 juillet. Entre-temps, l'exécutif devrait le 12 juillet affronter ses toutes premières questions au gouvernement qui devraient faire réagir dans l'hémicycle.

Sandrine Rousseau a par exemple promis que les députés de la Nupes feraient "le chahut nécessaire" pour couvrir la voix du ministre des Solidarités Damien Abad lors de ses interventions, en raison d'une enquête ouverte pour tentative de viol et des accusations de viol.

Un vote de confiance très hypothétique

Si le calendrier du gouvernement s'affine, de nombreux points d'interrogation subsistent, à commencer par celui d'un vote de confiance du Palais-Bourbon à l'issue de son discours de politique générale.

La majorité du parti présidentiel n'est que relative avec la coalition Ensemble qui ne dispose que de 245 sièges, sur les 577 que compte l'hémicycle. 133 députés de la Nupes et 89 élus du RN y ont notamment fait leur entrée le 19 juin dernier.

Autant dire que la Première ministre aurait donc toutes les chances de récolter plus de 'non' que de 'oui' et d'être alors contrainte de présenter la démission de son gouvernement. Cette prise de risque se justifie d'autant moins que rien ne l'oblige d'un point de vue constitutionnel à se soumettre à l'exercice. Michel Rocard, Édith Cresson et Pierre Bérégovoy, entre 1988 et 1993, n'avaient d'ailleurs pas sollicité de vote de confiance en raison d'une majorité fragile.

Un président absent pendant une semaine

Malgré l'absence au Journal officiel de toute mention sur un éventuel vote de confiance , la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire a a assuré sur BFMTV ce mercredi que "toutes les portes" étaient "ouvertes".

Autre inconnue: la question du remaniement. Emmanuel Macron a annoncé un "nouveau gouvernement dans les premiers jours du mois de juillet", mais l'hypothèse a du plomb dans l'aile.

Le président est notamment happé depuis une semaine par un agenda diplomatique, le maintenant loin de la scène politique intérieure entre G7, ouverture de la procédure d'adhésion de l'Ukraine à l'UE et sommet de l'OTAN.

Un remaniement à haut risque

Même si Élisabeth Borne consulte tous azimuts les forces politiques pour sonder de potentiels nouveaux ministres, on l'imagine mal présenter un gouvernement clef au président qui revient ce vendredi à Paris. Les différents groupes d'opposition à l'Assemblée ont d'ailleurs tous fermé la porte à une participation à l'exécutif.

Seuls quelques élus LR ou ex LR sans mandat parlementaire ont accepté le principe d'une participation à l'action gouvernemental comme Catherine Vautrin, la présidente du Grand Reims, dont le nom avait circulé pour rentrer à Matignon ou Christelle Morançais, la présidente de la Région Pays-de-la-Loire.

Sans compter que la vérification des patrimoines et des situations fiscales des potentiels ministres ralentit également le processus.

Une dernière difficulté s'ajoute à cette liste: celle de la nomination d'actuels députés de la majorité au gouvernement. Il faut compter un mois pour que leurs suppléants n'arrivent au Parlement, un temps trop long pour une majorité fragile qui aura besoin de chacun de ses députés pour parvenir à faire passer ses textes. Autant dire que la Première ministre est loin d'avoir toutes les cartes en main.

Marie-Pierre Bourgeois