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Discours de politique générale: les mots de Manuel Valls

Les 50 mots les plus prononcés par Manuel Valls lors de son discours de politique générale, le 8 avril.

Les 50 mots les plus prononcés par Manuel Valls lors de son discours de politique générale, le 8 avril. - -

Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre a livré un sombre portrait de la France. L'occasion de se poser en homme du changement, et de proposer une autre façon de gouverner. Décryptage.

C'était un moment très attendu: Manuel Valls a prononcé, mardi devant l'Assemblée nationale, son discours de politique générale, à peine une semaine après l'annonce de sa nomination comme Premier ministre. Un discours de 47 minutes, pendant lequel il a fait des annonces, mais aussi imposé son style. Références, réthorique... BFMTV.com décrypte ce discours.

> Le portrait d'une France au quotidien

"Les loyers trop chers", "la feuille d'impôt trop lourde"… A travers les éléments du quotidien, Manuel Valls a brossé le portrait concret d'une France de tous les jours. Il s'est adressé aux ménages en difficulté ("les retraités et leurs maigres pensions", "les travailleurs précaires"), mais aussi aux classes moyennes ("les chefs de PME", "les commerçants").

Le portrait est sombre: il a parlé d'"exaspération", de "repli sur soi", de "gorges nouées, lèvres serrées". Le Premier ministre a également souligné le manque de "confiance" des Français: la mission qu'il s'est donné, c'est donc de la rétablir. C'est pour lui "l'essentiel", comme il l'a assené à plusieurs reprises. "La vérité m'oblige", a-t-il rappelé dès le début de son discours, citant Pierre Mendès-France.

> Efficacité, dialogue: la rupture selon Valls

Dès les premières minutes de son discours, Manuel Valls l'a annoncé: "une nouvelle étape s'ouvre" dans le quinquennat Hollande. Pour cela, le Premier ministre a précisé sa méthode de travail: il a évoqué "un contrat équilibré" passé avec les députés. "Je veux définir un mode de travail" avec les socialistes, "mais aussi avec les écologistes" et le reste de la gauche, a-t-il insisté.

Chantre du "dialogue", il a appuyé sur sa volonté d'"écouter l'ensemble de la représentation nationale, et donc de l'opposition" - qui, comme il l'a rappelé, vient de gagner les élections municipales. Il n'a pas oublié non plus le "dialogue social", dont il a d'ailleurs fait un ministère, ni le dialogue avec "les élus locaux", mais surtout "avec les Français".

"Je leur dois l'efficacité", a reconnu le Premier ministre: d'où le besoin, selon lui, d'un "gouvernement resserré". L'écoute, le dialogue et l'efficacité: la méthode est posée.

> Rassemblement et apaisement: les valeurs de gauche

A travers des anaphores sur les termes "la République" et "la France", le Premier ministre a déroulé des concepts traditionnellement ancrés à gauche, réaffirmant "les principes de tolérance et de solidarité, de respect, de progrès", qui impliquent aussi "les mêmes droits et les mêmes devoirs pour tous les citoyens".

Il a réaffirmé ainsi "la fermeté contre le racisme et l'homophobie". "La France, c'est un pays de liberté. Cette majorité l'a montré en ouvrant le mariage aux couples de même sexe", a rappelé Manuel Valls. "Mais je souhaite aussi l'apaisement. C'est aussi ça, la gauche. Quand elle sait s'adresser à tous et rassembler". Une référence dans la droite ligne de François Hollande, qui disait en 2011, lors de la primaire socialiste, vouloir "une gauche qui apaise".

> Les références, de Mendès-France à de Gaulle

La première référence du discours de Manuel Valls a été pour Pierre Mendès-France, avec "la vérité m'oblige, nous oblige". Ont suivi ensuite plusieurs personnalités politiques, comme Jean Jaurès, Georges Clémenceau, mais aussi le général de Gaulle. Enfin, la citation plus surprenante est sans doute celle du philosophe Blaise Pascal, "l'un de nos grands génies", qui lui a permis d'évoquer la justice: "la justice sans la force est impuissante. La force sans la justice est tyrannique".

Ariane Kujawski