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Des agriculteurs se déshabillent devant Stéphane Le Foll pour son anniversaire

Les Jeunes agriculteurs ont manifesté avec humour leur ras-le-bol auprès de leur ministre de tutelle.

Le ministre de l'Agriculture se souviendra longtemps de son 56ème anniversaire. Stéphane Le Foll était mercredi soir à Bourg-en-Bresse pour l'ouverture de l'assemblée générale annuelle de la fédération nationale bovine. Et les jeunes agriculteurs (JA), qui se souvenaient de sa date d'anniversaire, lui avaient préparé différents cadeaux.

Se plaignant régulièrement de l'excès de réglementations, ils lui ont offert un mille-feuille "administratif" avec des bougies. "C'est encore un mille-feuille administratif de plus qui nous embête sur nos exploitations pour nos installations", a expliqué un jeune militant en offrant le gâteau au ministre.

Ils lui ont également offert un réveil. "Il faudrait peut-être se réveiller au niveau du gouvernement parce que les agriculteurs ne pourront pas se permettre de tenir comme ça", a déclaré à la tribune l'un des représentants des JA au ministre.

"On peut se sentir parfois déshabillé"

"Aujourd'hui on a besoin de prix rémunérateurs, parce qu'autrement on est sur la paille et on peut se sentir parfois déshabillé", a ajouté le jeune agriculteur, aussitôt suivi par ses camarades qui se sont mis en caleçon provoquant l'hilarité de la salle.

"En général je suis assez gourmand et d'habitude je ne laisse pas de miettes", a répondu Stéphane Le Foll en remerciant qu'on ait pensé à son anniversaire. S'il était très agacé devant la presse à la mi-journée, il s'est montré compatissant et s'est voulu rassurant en rappelant les différentes mesures d'aide gouvernementale à la filière bovine.

En clôture de cette inauguration, un autre participant des JA a remis symboliquement une pelle au ministre pour, a-t-il dit, désigner le "trou qu'on fait dans la trésorerie de nos exploitations" et déplorer "la mort de l'économie rurale".

Des manifestations d'agriculteurs et des blocages ont lieu cette semaine dans toute la France alors que la crise de l'élevage se poursuit et que d'autres filières sont maintenant en difficulté.

Karine Lambin avec AFP