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Colère et épuisement des policiers: Cazeneuve veut apaiser la situation

Le ministre de l'Intérieur a rencontré mardi matin les forces de sécurité, à la veille d'une manifestation, alors que la colère gronde face à la dégradation des conditions de travail.

"Nous ne gagnerons rien à opposer la grande maison qui est la nôtre à d'autres institutions". L'avertissement lancé par Bernard Cazeneuve ce mardi aux forces de police est clair: les relations entre policiers et magistrats doivent s'améliorer. "Il faut éviter les emportements et les amalgames et toutes propositions qui affaiblissent" cette relation, a insisté le ministre de l'Intérieur.

Fait rarissime, les syndicats policiers ont en effet appelé à un rassemblement mercredi devant le ministère de la Justice, après que l'un des leurs a été grièvement blessé par un détenu. Le braqueur s'était échappé en mai dernier lors d'une permission de sortie, et était en cavale depuis. Il a été tué dans la fusillade. Yann S., le policier touché, reste plongé dans le coma. L'un de ses collègues a lancé une cagnotte pour venir en aide à sa femme et sa fille de 7 ans, qui a pour l'instant permis de réunir près de 26.000 euros.

Un "plan complet" contre le trafic d'armes

Mardi matin, Bernard Cazeneuve a toutefois assuré la profession de son soutien: "Je ne peux accepter que des policiers et des gendarmes puissent être atteints par des personnes qui devaient être en prison", a déclaré le ministre de l'Intérieur. "A chaque fois qu'un policier ou un gendarme est outragé, une grande sévérité s'impose". 

Il a d'ailleurs promis d'annoncer "dans quelques semaines un plan complet et global de lutte contre le trafic des armes". Le ministre en a dévoilé "les grands axes", comme "densifier les contrôles dans les zones portuaires" ou "utiliser tous les moyens de la lutte contre la cybercriminalité" afin de "retracer les trafics". Bernard Cazeneuve a souligné à cet égard la "porosité de plus en plus grande" dans les trafics d'armes, entre petite délinquance et affaires de stupéfiants, de grande criminalité et de terrorisme.

Alexandra Gonzalez, avec AFP