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Cazeneuve défend Taubira: "Il n'est pas interdit aux ministres d'avoir un cerveau"

Christiane Taubira et Bernard Cazeneuve, le 20 novembre 2015.

Christiane Taubira et Bernard Cazeneuve, le 20 novembre 2015. - Emmanuel Dunant - AFP

Le ministre de l'Intérieur a estimé que la garde des Sceaux avait raison d'exprimer publiquement son désaccord sur la déchéance de nationalité, mais que la parole présidentielle doit l'emporter in fine.

Christiane Taubira a le droit d'avoir "des convictions et de les exprimer", comme lorsqu'elle dit publiquement son opposition à la déchéance de nationalité pour les binationaux condamnés pour terrorisme, mais in fine, c'est la parole présidentielle qui prime, a déclaré dimanche le ministre de l'Intérieur.

"Sous la Ve République, il n'est pas interdit à des ministres d'avoir un cerveau, des convictions et de les exprimer", a estimé Bernard Cazeneuve, interrogé sur le grand écart de la ministre de la Justice au "Grand Rendez-Vous Europe 1/Le Monde/iTÉLÉ".

Mais "à un moment donné, le président de la République montre le chemin dans un contexte de crise que nous n'avons jamais connu", et "la clé de voûte des institutions c'est la parole présidentielle. D'ailleurs Christiane Taubira a elle-même dit que la parole présidentielle s'était exprimée", a-t-il ajouté.

"Taubira fait le travail, et le fait bien"

Alors que François Hollande et Manuel Valls entendent faire inscrire dans la Constitution la possibilité de déchoir de leur nationalité les binationaux, y compris nés français, condamnés pour crimes terroristes, la garde des Sceaux a redit qu'une telle mesure n'était à ses yeux "pas souhaitable", son "efficacité" étant "absolument dérisoire".

Pour Bernard Cazeneuve, cela ne pose pas trop de problèmes puisque "c'est le Premier ministre qui porte ce texte et qui sera au banc au Parlement". "Christiane Taubira, dans le contexte de lutte contre le terrorisme, et je le sais particulièrement puisque je travaille avec elle de façon étroite, fait le travail qui est le sien, et elle le fait bien", a assuré le ministre de l'Intérieur. "Lorsque nous décidons de porter ensemble un certain nombre de mesures (...) je n'ai pas devant moi une garde des Sceaux qui essaie dans les atermoiements d'altérer l'efficacité de la lutte antiterroriste".

A. G. avec AFP