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Cazeneuve: "A Calais, des acteurs sont dans la manipulation des migrants"

Bernard Cazeneuve, vendredi.

Bernard Cazeneuve, vendredi. - BFMTV

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a défendu vendredi les solutions politiques mises en place pour fermer une partie de la "Jungle", à Calais.

"Je considère qu'à Calais, il y a trop d'acteurs qui sont dans la manipulation". Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, invité de BFMTV et RMC vendredi, s'est montré sévère envers certaines associations qui viennent en aide aux migrants dans la "Jungle" de Calais, alors qu'il réagissait au fait que certains réfugiés se sont cousus les lèvres en signe de protestation mercredi. 

"Il y a à Calais des acteurs, je pense notamment aux no-borders, qui sont dans la manipulation de ces migrants. Je ne peux pas imaginer que l'on arrive à de telles extrémités sans qu'à un moment, il n'y ait pas des acteurs qui instrumentalisent et développent des propagandes néfastes, et qui n'aient rien fait pour éviter ce geste", a estimé le ministre de l'Intérieur. "Je trouve cela totalement indigne". 

"Pas besoin de phrases qui font le buzz"

Selon le ministre, la population dans le bidonville de la Jungle a diminué ces derniers mois. "Il y avait au mois d'octobre 6.000 migrants à Calais, il y en a aujourd'hui 3.800. C'est parce que nous avons créé 102 centres d'accueil et d'orientation en France qui leur permettent d'être à l'abri, de pouvoir accéder à l'apprentissage de la langue française, et d'être nourris", poursuit-il. 

Des centres pourtant très décriés par les associations, qui relèvent que le taux de fuite est très élevé pour les migrants qui sont conduits dans ces centres. "Il est de 25%, ce n'est pas si élevé", répond Bernard Cazeneuve, qui estime que "c'est la seule politique actuellement qui permet de sortir de la main des passeurs qui font du trafic d'êtres humains". 

Bernard Cazeneuve a ensuite répondu vertement à la sortie d'Emmanuel Macron, qui avait menacé le Royaume-Uni de ne plus prendre en charge les migrants en cas de Brexit. "Emmanuel Macron est très bien dans son poste à l'Economie, je suis bien dans le mien. Nous avons besoin de résultats, pas de phrases qui font le buzz." "Sur les sujets compliqués, il faut travailler beaucoup et parler peu", a résumé peu après le ministre.

A. G.