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Burkini: Marisol Touraine dénonce une "stigmatisation dangereuse"

Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et la Santé.

Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et la Santé. - AFP

La ministre des Affaires sociales jugent que les arrêtés anti-burkini pris par certains maires de communes littorales représentent une "menace pour la cohésion de notre pays". Et s'indigne d'une "polémique qui n'a que trop empoisonné le débat public".

Après Najat Vallaud-Belkacem, Marisol Touraine affiche sa franche opposition aux arrêtés municipaux anti-burkini, pris au nom du principe de laïcité et qui ont fleuri ces dernières semaines en France. Dans un texte posté ce jeudi en début d'après-midi sur son blog, la ministre des Affaires sociales dénonce ainsi une "polémique qui n’a que trop empoisonné le débat public". 

"La laïcité n’est pas le refus de la religion: c’est une garantie de liberté individuelle et collective. Elle ne peut pas et ne doit pas devenir le fer de lance d’une stigmatisation dangereuse pour la cohésion de notre pays", écrit Marisol Touraine. 

Le gouvernement divisé

La ministre reprend-là les éléments de langage de Bernard Cazeneuve. Reçu par le Conseil français du culte musulman (CFCM), mercredi, le ministre de l'Intérieur a mis en garde, lui aussi, contre la "stigmatisation" des musulmans. 

"Faire comme si, en se baignant voilée ou en restant habillée sur une plage, on menaçait en soi l’ordre public et les valeurs de la République, c’est oublier que ces valeurs doivent précisément permettre à chacun de ne pas renier son identité", estime Marisol Touraine. 

Ce jeudi, cette polémique a entraîné une passe d'arme entre Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacam. Le Premier ministre a jugé, sur RMC, que les arrêtés municipaux anti-burkini n'étaient "pas une dérive", en réponse à Najat Vallaud-Belkacem qui venait de déclarer sur Europe 1 que la "prolifération" de ces arrêtés n'était "pas la bienvenue".

C. P.