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Benoît Hamon sur Spanghero: "La première responsabilité, c'est celle de la direction"

Le ministre de la Consommation Benoît Hamon, sur BFMTV, le 29 mai 2013

Le ministre de la Consommation Benoît Hamon, sur BFMTV, le 29 mai 2013 - -

Le ministre de la Consommation était l'invité de BFMTV mercredi matin. Il a notamment répondu à ceux qui l'accusent d'avoir organisé la faillite de Spanghero.

Le gouvernement a-t-il été à l'origine de la faillite de Spanghero? Alors que la société, épinglée dans l'affaire du scandale de la viande de cheval, fait désormais face à un plan social supprimant la totalité de ses 240 postes, certains pointent l'Etat du doigt.

"Ce serait curieux que l'on dise des services de police qui découvrent des faits de délinquance dans une entreprise qu'ils sont responsables de ces faits de délinquance", s'est défendu Benoît Hamon, ministre de la Consommation, mercredi matin sur BFMTV. "La réalité, c'est que nous avons découvert des faits de tromperie économique, a-t-il poursuivi. La réalité c'est qu'il y a soit une série de négligences qui ont été fatales - mais je n'y crois guère - soit une tromperie dont la justice devra confirmer l'ampleur. La responsabilité, c'est d'abord celle de la direction qu ia mené ses salariés dans le gouffre."

Une surveillance des filière viande-poisson en 2014?

"Nous avons trouvé des preuves de changements d'étiquettes. Les 10 premiers contrôles ADN montrent que sur 9 plats sur 10, il y a de la viande de cheval", a également rappelé Benoît Hamon, soulignant par là que le gouvernement n'avait fait qu'appliquer le principe de précaution qui prévaut en cas de danger sanitaire.

L'Etat devait-il pour autant retirer son agrément à Spanghero, précipitant ainsi sa chute? "Oui, parce que nous y sommes obligés, a estimé Benoît Hamon. Si nous n'appliquons pas la loi, qui le fera? La loi précise que s'il y a une rupture de la traçabilité, nous devons retirer l'agrément sanitaire. C'est ce que nous avons fait avant de le réattribuer à l'exception de l'activité de négoce."

Puis le ministre de la Consommation a estimé que la priorité du gouvernement était de restaurer la confiance des consommateurs dans le circuit de la viande, notamment des plats préparés. "La filière viande et poisson sera sous surveillance toute l'année 2013, surveillance qui sera reconduite en 2014 si besoin", a promis Benoît Hamon.

L'Etat ne "nationalisera pas" Spanghero

À l'heure où Spanghero vit sans doute ses derniers instants, Benoît Hamon a de nouveau accusé la direction de n'avoir rien fait pour tenter de sauver l'entreprise. "J'observe que l'on n'a pas tenté de relancer l'activité de Spanghero, en changeant de nom par exemple."

L'Etat va-t-il contribuer à la reprise de Spanghero? "Il faut changer le nom, la marque et la direction", a estimé Benoît Hamon. "La région Languedoc-Roussillon a déjà dit qu'elle était prête à mettre au pot pour aider Spanghero", a souligné Benoît Hamon, fermant la porte à toute autre contribution de l'Etat. "Mettre de l'argent, ce serait nationaliser Spanghero", a-t-il invoqué.

Sandrine Cochard