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Attentats: Manuel Valls appelle à "vivre" pour résister au terrorisme

Manuel Valls sur le plateau du Petit Journal.

Manuel Valls sur le plateau du Petit Journal. - Capture Le Petit Journal

Le Premier ministre, invité du Petit Journal sur Canal +, est notamment revenu sur les individus "fichés S" en France. Sur 20.000, la moitié d'entre eux appartiendraient à la mouvance radicale.

Il s'agissait d'une grande première pour un Premier ministre. Manuel Valls était l'invité de l'émission de Canal Plus, Le Petit Journal. Pendant une quarantaine de minutes, il a répondu à toutes les questions avec, évidemment, pour principale ambition: rassurer les Français et la riposte que le gouvernement a lancé contre les terroristes. "Le besoin d'explications est très important", assure-t-il.

C'est un Premier ministre grave, comme il l'a rappelé, mais aussi ferme qui s'est présenté face à Yann Barthès. "Nous sommes en guerre, ce sont des mots forts, nous ne pensions pas un jour les prononcer", a rappelé Manuel Valls alors interrogé sur la crainte des Français. 

"Daesh ne veut pas envahir la France, Daesh veut briser la France", a-t-il martelé, reconnaissant que désormais, "la menace est permanente."

Ne pas tourner la page trop rapidement

Souhaitant éviter toute polémique sur une quelconque responsabilité du gouvernement dans les attentats qui ont frappé Paris et Saint-Denis, Manuel Valls a rappelé qu'en France, 20.000 individus sont fichés S.

"10.500 concernent des individus mis en attention pour leur appartenance à la mouvance radicale", précise-t-il.

Les autres concernent donc d'autres mouvements. Saluant le travail de tous les services de l'Etat, le Premier ministre s'est ensuite livré à une confidence: "Après les attentats du mois de janvier, peut-être n’avons-nous pas dit que la menace était présente. Il ne fallait pas tourner la page si rapidement." 

"Ca y est, on y est"

Face aux nouvelles attaques qui ont ensanglanté Paris, le locataire de Matignon a appelé les Français à "être forts", à continuer à sortir, à vivre ce qui est la meilleure "résistance" face au terrorisme. "C'est la réponse la plus forte à apporter", a-t-il expliqué. Manuel Valls s'est dit particulièrement concerné par la crainte des jeunes pour leur avenir, lui-même étant père de quatre enfants comme il l'a rappelé à de nombreuses reprises.

Le soir des attentats, il était justement à son domicile situé dans le 11e arrondissement. C'est d'abord le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve qui l'a prévenu, puis une "connaissance" l'a appelé. Sa première pensée a été de se dire: "Ca y est, on y est. Cet attentat multi-sites nous le redoutions." Ensuite, il a appelé ses enfants qui auraient pu être dans les bars touchés ou même au Stade de France.

Un "défi considérable"

"Si Daesh attaque la France, c'est parce que nous sommes la France", a poursuivi Manuel Valls. Selon lui, le pays n'a pris en compte que trop tard en compte "la question de la radicalisation". Aujourd'hui, il appelle de ses voeux à "lutter contre le salafisme" en étant "impitoyable à l’égard de ceux par leurs activités sociales ou associatives qui voudraient prendre la place de la République".

"Il faut que l'islam, et c'est un défi considérable, soit capable de se mettre debout pour couper toute complaisance vis-vis de ces terroristes", a-t-il ajouté, appelant à "ne pas confondre les choses", soulignant que "l'immense majorité des musulmans français ne supportent pas ce qui s'est passé".

Et de conclure: "C'est une bataille politique, théologique, sociale, culturelle, qui est majeure et qui est loin d'être terminée." 

J.C.