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Accusés d'avoir fait flamber les salaires dans leurs cabinets, Schiappa et Griveaux se défendent

Benjamin Griveaux et Marlène Schiappa à l'Assemblée le 2 octobre 2018.

Benjamin Griveaux et Marlène Schiappa à l'Assemblée le 2 octobre 2018. - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

En se basant sur une annexe au projet de loi de finances 2019 qui détaille les personnels affectés aux ministères, le magazine Capital et l'ancien député socialiste René Dosière reprochent à la secrétaire d'Etat et au porte-parole du gouvernement d'avoir augmenté certains de leurs conseillers de manière considérable.

"On est très précautionneux de l'argent public." Invité d'Europe 1 ce lundi matin, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a défendu les augmentations survenues cette année au sein de son cabinet, après la publication d'un article de Capital sur les salaires dans les ministères, et d'une note sur le blog de l'ex-député socialiste René Dosière, engagé de longue date contre le gaspillage de l'argent public.

Tous deux se sont basés sur une annexe au projet de loi de finances 2019, qui détaille les personnels affectés dans les cabinets ministériels et leurs salaires, en 2017 et 2018, chaque montant étant calculé sur la base des effectifs au 1er août de l'année. Ces salaires apparaissent en hausse dans plusieurs cabinets, dont celui de Benjamin Griveaux, mais aussi celui de Marlène Schiappa, la secrétaire d'Etat à l'égalité femmes-hommes.

Griveaux défend une augmentation de 27%

Dans un premier article, Capital estime que dans le cabinet de Benjamin Griveaux, où la rémunération brute par conseiller est en moyenne de 9.180 euros mensuels, la hausse s'élève à "86%". Sur son blog, René Dosière a publié une analyse de cette annexe.

"La rémunération moyenne d'un conseiller ministériel augmente dans 12 ministères dans des proportions choquantes voire scandaleuses compte tenu du contexte économique et financier de l’année 2018 et en particulier de l’évolution des rémunérations dans la fonction publique", pointe l'élu.

Il estime pour sa part que les salaires ont augmenté de "49,1%" dans le cabinet de Benjamin Griveaux.

Des chiffres dénoncés par le porte-parole, qui cite une augmentation de "27%", et la justifie par le fait que ses conseillers sont plus "expérimentés et plus âgés" que ceux qui occupaient le cabinet autour de son prédécesseur, Christophe Castaner. "Je suis à 2% au-dessus de la moyenne des cabinets ministériels, très exactement à 2,2%", fait-il aussi valoir, demandant par ailleurs "un droit de réponse" à Capital et annonçant saisir ses avocats. Le magazine a publié un second article, avec un tableau des rémunérations, mis à jour ce lundi après les déclarations du porte-parole, dans lequel il rétro-pédale.

"Le document budgétaire sur lequel Capital.fr s'est appuyé pour observer les rémunérations de cabinets ne reflète pas correctement la situation de certains membres du gouvernement, en ce qu'il ne prend pas en compte la totalité des conseillers au 1er août 2017", détaille-t-il.

"C'est tout à fait légitime"

Marlène Schiappa, mise en cause elle aussi avec une augmentation de "26%" d'après Capital, et "25,9%" d'après René Dosière, s'est défendue dès dimanche. "Ce ne sont pas des chiffres qui sont exacts, parce que ce qui se passe c’est que mon ancienne directrice de cabinet venait de l’administration donc venait d’un autre compte. Et j'ai une nouvelle directrice de cabinet, qui n’est pas rémunérée sur la base de l'administration donc ce sont des jeux et il n’y a pas d’augmentation de salaire", a affirmé la secrétaire d'Etat sur France 3, avant de concéder que certains de ses conseillers avaient été augmentés.

"J’ai des conseillers qui ont été augmenté de 10% ou 15%. Je ne trouve pas ça déraisonnable après 18 mois à travailler 7 jours sur 7 d’arrache-pied, c’est quelque chose de tout à fait légitime", a-t-elle affirmé. 

Charlie Vandekerkhove