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Son père, les Femen... Le 1er mai chahuté de Marine Le Pen

Marine Le Pen lors du rassemblement du 1er mai.

Marine Le Pen lors du rassemblement du 1er mai. - Kenzo Tribouillard - AFP

Dans un contexte déjà tendu, avec les batailles familiales, le défilé de ce 1er mai 2015 a été marqué par des images fortes plus que par les mots de Marine Le Pen.

Le 1er mai, depuis 20 ans, est le rendez-vous incontournable pour le Front national, qui rend hommage à Jeanne d'Arc. Cette année devait être celle d'un défilé sans débordement et sans provocation, notamment après les succès électoraux du parti.

Marine Le Pen avait tout prévu, l'événement devait être cadré. Ce 1er mai, où elle devait être seule pour la première fois sur scène, s'est transformé en journée maudite, où se sont enchaînées les perturbations occultant complètement le discours prononcé par Marine Le Pen.

> L'apparition improvisée de Jean-Marie Le Pen

En pleine guerre familiale avec son père - convoqué lundi 4 mai pour un bureau exécutif réuni en instance disciplinaire après ses sorties polémiques des dernières semaines - la présidente du Front national avait décidé de le marginaliser. Privé de micro, Jean-Marie Le Pen devait se contenter d'une place au pied de l'estrade pendant que sa fille prenait la parole. 

Tout cela évidemment était de la théorie. A peine montée sur l'estrade, Marine Le Pen a vu son père lui emboîter le pas. Restant à peine 20 secondes sur scène, Jean-Marie Le Pen s'est offert une petite salve d'applaudissements de la part des militants FN réunis place de l'Opéra. Comme un dernier coup d'éclat, l'image du patriarche, bras levés vers le ciel, face au visage fermé de sa fille, a marqué le rassemblement.

> Les perturbations des Femen

Habituées à perturber les déplacements de Marine Le Pen, les Femen ont réussi leurs interventions. Une première fois, les militantes féministes ont tenté d'approcher la présidente du Front national qui s'apprêtait à déposer une gerbe de fleurs au pied de la statue de Jeanne d'Arc. Première perturbation et première violence. Les jeunes femmes sont évacuées sans ménagement par le service d'ordre du Front national sous les insultes des militants présents.

Loin d'être intimidées, les Femen remettent ça quelques minutes plus tard alors que Marine Le Pen venait de débuter son discours. Rapidement la présidente du Front national est interrompue par des huées des militants à l'encontre de trois Femen perchées sur le balcon d'un hôtel donnant place de l'Opéra. Des drapeaux, en référence au régime nazi, sont déployés. Les militantes, seins nus, ont inscrit sur leur buste "Heil Le Pen" et agitent des fumigènes. Elles seront stoppées par des membres du service d'ordre interne au FN qui les évacuent avec violence du balcon.

L'opération perturbe le rassemblement pendant plus de cinq minutes. "On a réussi à saboter le discours de Marine Le Pen", a assuré Sarah Constantin, porte-parole des Femen, sur BFMTV. Poursuivant la Femen se réjouit d'avoir "réussi à faire de cette journée la journée des Femen et non du FN".

> Des violences contre des journalistes

Trois journalistes du Petit Journal de Canal + ont été agressés lors du défilé par des militants du Front national, avant d'être exfiltrés par le service d'ordre du parti. Le cameraman, un rédacteur et un ingénieur ont été encerclés par des militants agressifs après une interview de Bruno Gollnisch qui s'est mal terminée. L'eurodéputé avait tenté de frapper l'équipe avec son parapluie.

Une scène qui se serait reproduite plus tard cette fois-ci avec des journalistes de l'émission C à Vous de France 5. Leur caméra a été cassée et "l'agression fut violente et choquante", a précisé sur Twitter la présentatrice de l'émission, Anne-Sophie Lapix.

> Un discours peu audible

Au milieu de cette cacophonie générale, difficile de se faire entendre par les "3.500 à 3.800 personnes" présentes lors du défilé. Une affluence aussi morose que le temps puisque l'an dernier 20.000 personnes avaient défilé le 1er mai aux côtés des responsables du FN. 

Marine Le Pen a tout de même voulu lancer un message d'espoir aux militants. "L'heure va être à l'action et nous devons nous y préparer. A l'aveuglement et l'inertie se substitueront le courage et l'action", a scandé la présidente du FN, après avoir rendu hommage à Jeanne d'Arc, une tâche habituellement réservée à Jean-Marie Le Pen. "c'est une façon pour elle de parler aux femmes", analyse Ruth Elkrief, éditorialiste à BFMTV.

S'attaquant aux élites politiques, de gauche comme de droite, elle s'en est également pris à "l'eurodictature", responsable, selon elle, des maux de la France. "Immigration, dette, déficit, mondialisation sauvage, politique pénale, impôts, école, santé... La France est hors contrôle", a détaillé Marine Le Pen.

Troisième thème abordé: l'immigration. "Sous l’effet de cette immigration massive, multiforme, la France se disloque et nos dirigeants successifs n’en ont que faire", a-t-elle soutenu. Selon elle, les dirigeants ont laissé "une immigration massive s'installer alors qu'il n'était plus possible d'assimiler des immigrés en si grand nombre". Déplorant qu'"ils ont inculqué aux enfants de l'immigration la haine de la France, le mépris de ses valeurs et de son histoire.

Justine Chevalier